Les résultats annuels publiés par Nestlé Nigeria fin février montrent que l’entreprise a renoué avec les bénéfices en 2025, après les pertes enregistrées l’année précédente. La filiale nigériane du groupe suisse a dégagé un bénéfice net d’environ 105 milliards de nairas (environ 65,4 millions d’euros) pour l’exercice clos en décembre, contre une perte de 164,6 milliards de nairas (environ 102,5 millions d’euros) en 2024.
Croissance en local et à l’export
Pour expliquer ces chiffres, les responsables de l’entreprise mettent en avant une amélioration de la performance opérationnelle, soutenue par la croissance des ventes sur le marché local et à l’exportation ainsi qu’une meilleure gestion des coûts dans un contexte économique encore marqué par l’inflation et les fluctuations monétaires. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, le chiffre d’affaires de la société a progressé de 26% pour atteindre 1 207 milliards de nairas (environ 751,6 millions d’euros), contre 958,8 milliards de nairas (environ 597,1 millions d’euros) un an plus tôt.
Selon les détails disponibles, près de 65% des revenus proviennent du segment des produits alimentaires, qui comprend la production et la commercialisation de marques phares comme Maggi, Cerelac et Lactogen. Le reste des revenus est généré par les ventes de boissons, notamment à travers des marques comme Milo, Nescafé et Nestlé Pure Life.
Touché par la crise monétaire nigériane
Le retour aux bénéfices survient après deux exercices particulièrement difficiles pour la filiale nigériane. En 2023, l’entreprise avait déjà enregistré une perte nette d’environ 79,5 milliards de nairas (environ 49,5 millions d’euros), alors même que son chiffre d’affaires et son bénéfice opérationnel continuaient de progresser. Cette contreperformance était en partie liée à la dévaluation rapide du naira, qui avait généré d’importantes pertes de change et une forte hausse des coûts de financement.
La situation s’est détériorée en 2024 sous l’effet combiné de charges financières élevées et de nouvelles pertes liées à la réévaluation des dettes libellées en devises étrangères. La monnaie nigériane avait alors subi deux dévaluations majeures, entraînant une chute d’environ 70% de sa valeur face au dollar sur deux ans. Pour les entreprises dépendantes d’importations ou de financements en devises, ce choc monétaire s’est traduit par une hausse brutale des coûts.
Nestlé Nigeria, qui importe une partie de ses intrants industriels, s’est retrouvée particulièrement exposée. Les pertes de change associées aux engagements en devises ont fortement augmenté. Mais malgré ces difficultés financières, les fondamentaux commerciaux de l’entreprise sont restés solides. Les revenus ont continué de croître sur plusieurs années, soutenus par l’expansion du marché nigérian de l’alimentation transformée. Pour l’exercice fiscal 2026, Nestlé Nigeria entend poursuivre sur la dynamique de croissance actuelle.
« Dans l’année à venir, nous continuerons à améliorer l’efficacité des coûts pour soutenir notre croissance dans un environnement économique que nous anticipons plus stable. Les investissements marketing resteront une priorité afin de gagner des parts de marché et de renforcer notre position », a déclaré Wassim Elhusseini, le directeur général de l’entreprise.
Une filiale clé dans la stratégie africaine de Nestlé
Ces résultats de Nestlé Nigeria arrivent à un moment important pour sa maison mère. En octobre 2025, le groupe suisse a annoncé son intention de supprimer environ 16 000 postes dans le monde d’ici 2027 dans le cadre d’un programme de restructuration visant à réduire les coûts et à améliorer l’efficacité opérationnelle.
Le plan prévoit notamment la suppression de 12 000 postes dans les fonctions administratives et de bureau, ainsi que 4 000 emplois supplémentaires dans les activités manufacturières et la chaîne d’approvisionnement. Selon la direction du groupe, ces mesures doivent contribuer à atteindre un objectif d’économies de 3 milliards de francs suisses (environ 3,323 milliards d’euros) à l’horizon 2027.
À ce stade, aucune précision n’a été donnée sur la répartition géographique des suppressions de postes annoncées. Il n’est donc pas possible de déterminer dans quelle mesure les activités africaines du groupe pourraient être concernées par cette restructuration. En dehors du Nigeria, Nestlé exploite notamment des installations industrielles dans plusieurs autres pays africains dont l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Sénégal et le Zimbabwe.