La catastrophe remonte à un peu moins de douze ans. Le 24 juillet 2014, un avion d’Air Algérie qui effectuait le vol AH5017 Ouagadougou-Alger s’était écrasé en plein Sahel, dans le nord du Mali. Les 110 passagers, parmi lesquels 54 Français, 23 Burkinabés, des Libanais, des Algériens, ainsi que les six membres d’équipage, tous espagnols, étaient tous décédés dans le crash de l’avion. Au terme d’une longue procédure, la compagnie espagnole Swiftair, propriétaire de l’avion qu’elle avait loué à Air Algérie avec son équipage, est jugée depuis ce lundi pour homicides involontaires devant le tribunal correctionnel de Paris.

En pleine nuit, alors que l’aéronef traversait une zone intertropicale orageuse, la non-activation du système d’antigivrage avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l’équipage et jusqu’au décrochage fatal.

Un non-lieu déjà prononcé en Espagne

A l’issue des investigations, les juges d’instruction français avaient estimé que « divers manquements de la part de la compagnie » avaient joué un rôle dans l’accident, en particulier une « formation lacunaire » de l’équipage qui ne lui avait « pas permis » de « réagir de manière adaptée et d’éviter l’accident. »

La compagnie madrilène estime pour sa part que l’accident résulte d’une combinaison de facteurs extérieurs, notamment « les lacunes du manuel de vol sur la particularité du givrage par cristaux de glace » et « les lacunes de Boeing et de l’Agence européenne de la sécurité aérienne sur le décrochage qui intervient soudainement sans alarme préalable. » La compagnie fait aussi valoir qu’elle a bénéficié d’un non-lieu à l’issue d’une enquête en Espagne dans cette affaire. Le procès doit se tenir pendant quatre semaines.