Le gouvernement sénégalais a annoncé, lors du Conseil des ministres du 4 mars, un plan de rationalisation du secteur parapublic prévoyant la suppression de 19 entités et le repositionnement de 10 autres structures. L’objectif est de moderniser l’administration, réduire le train de vie de l’État et optimiser l’utilisation des ressources budgétaires.
Selon le compte rendu officiel, cette réforme s’appuie sur les travaux d’un groupe chargé d’examiner l’ensemble des entités du secteur parapublic afin d’identifier les doublons institutionnels et les possibilités de synergies avec l’administration centrale.
« Un Groupe de travail a été mis en place pour proposer un Plan de rationalisation du secteur parapublic, en mettant en lumière les chevauchements des missions, les meilleures synergies, l’exercice d’attributions similaires par l’Administration ainsi que les repositionnements pertinents », indique le communiqué du Conseil des ministres.
Les 19 entités appelées à être supprimées cumulaient 28,051 milliards FCFA (environ 42 millions d’euros) de dotations budgétaires en 2025. Elles représentaient également une masse salariale annuelle de 9,227 milliards FCFA (environ 14 millions d’euros) pour 982 agents, tandis que leur dette globale était estimée à 2,6 milliards FCFA (près de 4 millions d’euros) à la fin de l’année 2024.
En parallèle, 10 structures parapubliques devraient être repositionnées, notamment à travers une redéfinition de leurs missions, une adaptation de leurs modèles d’intervention et une révision de leur cadre juridique ainsi que de leur doctrine d’investissement.
Selon les estimations présentées en Conseil des ministres, l’ensemble de ces mesures pourrait générer une économie budgétaire nette d’au moins 55 milliards FCFA (environ 83,8 millions d’euros) sur les trois prochaines années.
Un levier pour maîtriser les dépenses publiques
Au-delà de la réduction du nombre d’entités, la réforme vise aussi à améliorer la gouvernance du secteur parapublic. Le plan prévoit notamment une maîtrise des salaires et des effectifs, une harmonisation des grilles de rémunération, une utilisation plus efficace des crédits budgétaires ainsi qu’un renforcement des mécanismes de contrôle et d’évaluation.
La mise en œuvre de cette réforme doit être pilotée par un comité interministériel, tandis que la Commission d’évaluation des agences d’exécution et le Comité de suivi du secteur parapublic devraient voir leurs moyens renforcés afin d’améliorer le suivi des structures publiques.
Cette rationalisation intervient dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques sénégalaises. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du pays atteignait environ 132% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de l’année 2024.
Malgré ce niveau élevé d’endettement, les autorités sénégalaises ont écarté l’option d’une restructuration de la dette. Le gouvernement privilégie plutôt une stratégie fondée sur la maîtrise des dépenses publiques et la rationalisation des structures de l’État, afin de dégager des marges budgétaires permettant d’assurer le remboursement des engagements financiers du pays.
Dans cette optique, la réorganisation du secteur parapublic constitue l’un des instruments mobilisés pour réduire les charges de fonctionnement et améliorer l’efficacité de l’action publique, tout en préservant la crédibilité financière du Sénégal auprès de ses partenaires et investisseurs.