Le gouvernement kényan affirme avoir trouvé un capital de départ pour financer l’agrandissement de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA), un projet stratégique longtemps freiné par des contraintes budgétaires. Selon le président William Ruto, cité par Reuters, entre 15 et 20 milliards de shillings kényans (entre 100 et 134 millions d’euros environ) issus de la récente ouverture du capital de la Kenya Pipeline Company pourraient être consacrés au lancement des travaux d’extension de la plateforme. L’opération, réalisée fin février, a permis de lever plus de 710 millions d’euros grâce à la mise en vente de 65% du capital de l’entreprise publique.

Le financement envisagé pour l’aéroport transitera par le National Infrastructure Fund, un nouveau mécanisme financier créé par l’État pour soutenir les investissements dans les infrastructures. L’agrandissement de l’aéroport de Nairobi serait ainsi le premier grand projet susceptible d’être financé via ce dispositif, destiné à mobiliser des ressources locales et à réduire la dépendance du pays au financement par la dette.

Un projet évoqué depuis plusieurs années

L’agrandissement de l’aéroport de Nairobi n’est pas un projet nouveau. Les autorités évoquent depuis plusieurs années la nécessité de moderniser cette infrastructure pour accompagner la croissance du trafic aérien. Selon les détails disponibles, les plans du gouvernement kényan prévoient notamment la construction d’un nouveau terminal et d’une nouvelle piste, afin d’augmenter les capacités opérationnelles de la plateforme.

Conçue à l’origine pour traiter environ 8 millions de passagers par an, la plateforme a déjà dépassé ce seuil. Elle a traité 8,6 millions de voyageurs en 2024, puis 8,8 millions en 2025, ce qui accentue la pression sur les installations existantes. Les autorités estiment que la modernisation pourrait permettre d’ajouter une capacité supplémentaire d’environ 15 millions de passagers et d’augmenter le nombre de mouvements d’aéronefs.

Un montage financier encore incomplet

Si le nouveau financement constitue un premier pas pour faire avancer les plans du Kenya, les fonds ne pourront couvrir qu’une partie des besoins.  En 2024, le groupe indien Adani avait proposé d’investir 1,6 milliard d’euros pour moderniser l’aéroport, en contrepartie d’un contrat de concession de 30 ans. Cette proposition avait finalement été abandonnée à la suite d’oppositions syndicales et politiques.

Pour le moment, le coût total retenu pour le projet n’a pas encore été officiellement détaillé, ni le calendrier de mise en œuvre envisagé. En attendant davantage de précisions, il faut noter que la concrétisation de cet objectif constitue un enjeu stratégique pour Nairobi, qui doit composer avec une concurrence de plus en plus intense pour maintenir sa position d’un des principaux hubs aéroportuaires d’Afrique de l’Est.

Au Rwanda, l’Etat construit un aéroport à Bugesera, à quelques kilomètres de la capitale Kigali. D’une capacité cible de 14 millions de voyageurs, dont 7 millions dès la première phase, l’infrastructure devrait être mise en service en 2027 selon le calendrier fixé par le gouvernement. De son côté, la Tanzanie a augmenté la capacité de son principal aéroport à Dar es-Salaam, à 8 millions de voyageurs.

Quant à l’Ethiopie, elle a lancé en janvier dernier la construction d’un nouvel aéroport qui devrait devenir, selon les autorités, le plus grand d’Afrique à son achèvement prévu à l’horizon 2030. À terme, l’infrastructure pourrait traiter jusqu’à 110 millions de passagers par an, soit un saut d’échelle par rapport à l’actuel aéroport de Bole, dont la capacité annuelle maximale est de 25 millions de voyageurs.