Selon des informations rapportées lundi 9 mars par l’agence de presse Reuters, citant Isaac Tandoh, directeur général de la Minerals Commission – l’autorité de régulation du secteur minier –, l’exécutif ghanéen prévoit de présenter dès cette semaine une réforme qui pourrait plus que doubler les taux appliqués aux redevances sur l’or.

Actuellement fixée à 5%, la redevance devrait évoluer vers un système progressif indexé sur les prix internationaux du métal. Dans les conditions actuelles du marché, ce mécanisme porterait le taux effectif à environ 12%, soit plus du double du niveau actuel.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte de hausse soutenue des prix de l’or, l’une des principales sources de devises du pays. Selon certaines projections du marché, le métal jaune pourrait atteindre 6 000 dollars l’once (5 150 euros) d’ici à la fin de l’année 2026, contre environ 5 100 dollars actuellement (4 377 euros).

Des inquiétudes dans l’industrie minière

Pour Accra, l’objectif est clair : mieux capter les retombées financières de l’exploitation de sa principale ressource minérale, alors que le pays cherche à consolider ses finances publiques après plusieurs années de fortes tensions budgétaires et une restructuration de la dette.

Isaac Tandoh assure toutefois que la réforme a été calibrée afin de maintenir un équilibre entre l’augmentation des recettes publiques et la préservation de la rentabilité des opérateurs miniers.

Le projet suscite néanmoins des inquiétudes parmi les compagnies aurifères opérant dans le pays, qui redoutent une hausse significative de leurs coûts d’exploitation. Plusieurs gouvernements étrangers – notamment les États-Unis, la Chine et le Royaume-Uni, dont sont originaires certains investisseurs – ont également exprimé leurs préoccupations.

Selon la Minerals Commission, des discussions ont été engagées avec ces partenaires. Ceux-ci ne s’opposeraient pas au principe d’une révision des redevances, même si les modalités exactes restent débattues.

Une tendance régionale en Afrique de l’Ouest

L’initiative ghanéenne s’inscrit dans une dynamique régionale de refonte des cadres fiscaux, plusieurs pays ouest-africains cherchant à rééquilibrer le partage de la valeur et à garantir aux finances publiques une part plus importante des revenus tirés du sous-sol.

Le Mali, le Burkina Faso ou encore la Côte d’Ivoire ont ainsi engagé des réformes similaires de leurs codes miniers ou de leurs mécanismes de redevances.

Au Ghana, la réforme intervient par ailleurs dans un contexte de révision plus large du cadre minier, les autorités envisageant également la suppression de certains accords de stabilité fiscale qui protégeaient jusqu’ici les compagnies contre l’introduction de nouvelles taxes.

Premier producteur d’or du continent, le Ghana accueille plusieurs grands groupes miniers internationaux, parmi lesquels Newmont, AngloGold Ashanti, Gold Fields ou Perseus Mining. L’impact réel de cette réforme sur l’investissement et la production aurifère du pays devrait donc être scruté de près par l’ensemble de l’industrie.