Longtemps considérée comme le socle de la stabilité économique et politique du pays, la classe moyenne tunisienne traverse aujourd’hui une phase de transformation profonde.
Inflation persistante, stagnation des revenus, chômage élevé et succession de crises ont progressivement fragilisé une catégorie sociale qui constituait pourtant l’un des principaux moteurs de la croissance et de la cohésion sociale.
La récente note publiée sur la plateforme Savoirs Eco, intitulée « Quand les crises redessinent la classe moyenne en Tunisie : Vulnérabilités révélées et résilience en action », met en lumière une évolution structurelle : la classe moyenne, autrefois majoritaire et relativement homogène, se fragmente désormais en plusieurs groupes aux trajectoires économiques divergentes.
Cette mutation révèle un phénomène plus large de fragilisation sociale. De nombreux ménages, bien qu’encore situés au-dessus du seuil de pauvreté, sont aujourd’hui exposés à un risque réel de déclassement économique.
Une construction historique mise à l’épreuve
La montée en puissance de la classe moyenne tunisienne remonte au milieu du XXᵉ siècle, avec une accélération notable dans les années 1970. Les politiques publiques de l’époque reposaient sur un investissement massif dans l’éducation, l’extension de l’emploi public et une industrialisation relativement dynamique.