Saïf Al-Islam Kadhafi, à Tripoli, en 2011. Saïf Al-Islam Kadhafi, à Tripoli, en 2011. IMED LAMLOUM/AFP

Saïf Al-Islam Kadhafi n’était plus qu’un fantôme, une figure nimbée de mystère, recluse en quelques recoins du djebel Nefoussa, au sud-ouest de Tripoli, entre deux escapades plus ou moins clandestines dans les sables du Fezzan (Sud libyen), survivant précaire et mythique d’un régime déchu vers lequel convergeaient quelques velléités de restauration.

L’hypothèque d’un retour sur la scène du fils du dictateur Mouammar Kadhafi (1942-2011) est désormais levée. Saïf Al-Islam – souvent appelé par son seul prénom – a été assassiné mardi 3 février, à l’âge de 53 ans, à Zinten, cité agrippée aux flancs du djebel Nefoussa, massif montagneux situé à 160 kilomètres au sud-ouest de Tripoli. L’équipe de tueurs – quatre hommes – qui a fait irruption au domicile de la famille qui lui assurait protection ne lui a laissé aucune chance.

Des clichés circulant sur les réseaux sociaux libyens montrent son cadavre ensanglanté étalé à l’arrière d’un pick-up Toyota, à peine recouvert d’une couverture. Les gardiens des lieux, Ajmeri Al-Atiri, chef de la milice locale Abou Bakr Al-Siddiq, ainsi que son fils Mohamed, ont également péri dans l’assaut, selon une source tripolitaine. Les assassins se sont volatilisés et on ignorait, mardi soir, leurs identités et, a fortiori, leurs motivations, laissant les Libyens en proie aux spéculations les plus débridées.

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