Ce pays d’Afrique de l’Est suit son propre calendrier annuel, en décalage de sept ans par rapport au reste du monde.

Remonter le temps. Revenir au début de l’année 2018. C’est ce que s’apprêtent à vivre les Éthiopiens ce 11 septembre 2025. Reste que, pour eux, cette année n’a pas encore eu lieu. Le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, frontalier avec le Soudan et le Kenya, suit en effet son propre calendrier pour marquer le passage du temps. Dans la capitale, Addis-Abeba, ou dans les petits villages de ses hauts plateaux montagneux, les dates de plusieurs endroits indiqueront 2018. Perturbant ? Voici l’explication.

Célébration du Nouvel An le 11 septembre

Des fidèles orthodoxes prient à l’église Gerji Saint Mariam lors de l’Enkutatash, le Nouvel An éthiopien, à Addis-Abeba, le 11 septembre 2024.
AMANUEL SILESHI / AFP

À la différence du calendrier grégorien, dit «occidental» et utilisé par la majorité des pays, dont la France, l’Éthiopie ne situe pas la naissance de Jésus-Christ à la même époque. Les deux systèmes prennent pourtant cet événement comme repère initial, mais la tradition éthiopienne la place sept à huit ans plus tard. Cette divergence remonte au Ve siècle, lorsque l’Église catholique a révisé ses calculs. Le pape Grégoire XIII officialise cette réforme en instaurant le calendrier grégorien en 1582.


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Seulement l’Église orthodoxe éthiopienne, déjà très influente dans le pays, refuse de s’y conformer et choisit de préserver ses propres repères temporels. Ce n’est pas la seule différence : le Nouvel An, appelé Enkutatash, a lieu en septembre, à la fin de la saison des pluies, lorsque l’Adey Abeba, fleur emblématique du pays, éclot. Ce calendrier compte 13 mois de 30 jours, sauf pour le dernier, qui en dénombre cinq ou six selon les années bissextiles.

Deuxième plus vieux pays chrétien au monde

L’Éthiopie se distingue aussi par sa façon de mesurer les heures. Ici, la journée commence à l’aube et non à minuit. Ainsi, ce que l’on appelle 7 heures du matin en Europe ou en Amérique, correspond à 1 heure du matin pour le territoire surnommé «le toit de l’Afrique». Alors que, dans les campagnes, l’existence d’autres systèmes horaires est moins connue, en ville les habitants jonglent entre les deux calendriers et les emploient selon les besoins, notamment pour le commerce international ou l’éducation.

Ces traditions uniques s’expliquent par la forte présence de la religion orthodoxe dans le pays. Le christianisme s’est implanté très tôt en Éthiopie, dès le IVe siècle, faisant du pays la deuxième nation chrétienne la plus ancienne du monde. Aujourd’hui, l’Église éthiopienne compte plus de 35 millions de fidèles. Autant de personnes qui devraient prendre leurs résolutions pour bien débuter l’année 2018…

En vidéo – Voyage en Éthiopie, aux sources du Nil bleu