“L’Éthiopie célèbre une étape de son développement en inaugurant le plus grand barrage électrique d’Afrique, sur le Nil bleu, écrit le quotidien britannique le Financial Times. Mais pour les pays en aval que sont le Soudan et l’Égypte, il n’y a pas de raison de s’en réjouir.”
En Égypte notamment, la construction de cet ouvrage, lancée il y a plus de dix ans, “a alimenté la ferveur nationaliste”. Car le pays, qui dépend du Nil à hauteur de 90 % pour son approvisionnement en eau, considère que ce fleuve est en quelque sorte son pré carré géopolitique.
L’Égypte continue en effet de se référer à un traité qui remonte à l’époque coloniale, en 1929 − et qui a été renouvelé en 1959 −, lui accordant 66 % des eaux du Nil, fait observer le site américain Al-Monitor. En vertu du même accord, 22 % étaient attribués au Soudan, tandis que l’Éthiopie, pays où se trouve la source du Nil bleu, était “de facto exclu” du traité.
Or cette dernière a décidé seule la construction de ce barrage, et l’a menée à son terme malgré la forte opposition du Caire.
Menaces d’interventions militaires contre le chantier
Piqué au vif par la décision éthiopienne de remettre en cause cette prédominance égyptienne, Le Caire avait même longtemps “considéré une action militaire pour arrêter le chantier”, rappelait en