Dakar a abrité hier la cérémonie officielle d’ouverture du U.S.-Africa Frontiers of Science, Engineering and Medicine Symposium (Symposium États-Unis–Afrique sur la science, l’ingénierie et la médecine), un rendez-vous scientifique international d’envergure organisé pour la première fois au Sénégal par l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS) et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en partenariat avec l’Académie des sciences des États-Unis. Réunissant l’élite des jeunes chercheurs africains et américains, cette rencontre ambitionne de renforcer les collaborations scientifiques autour des grands défis contemporains du développement.
Pendant trois jours, Dakar se positionne comme un hub scientifique international en accueillant la 4ᵉ édition du U.S.-Africa Frontiers of Science, Engineering and Medicine Symposium (4ᵉ édition du symposium États-Unis–Afrique sur la science, l’ingénierie et la médecine). L’événement rassemble près de 170 participants, dont 140 experts internationaux, autour d’un programme d’excellence réunissant 100 jeunes scientifiques africains et américains, sélectionnés à l’issue d’un processus hautement compétitif.
Organisé pour la première fois au Sénégal, ce symposium marque une étape importante dans l’ouverture scientifique du pays et dans la consolidation des partenariats de recherche entre l’Afrique et les États-Unis. Financé à hauteur de 1,2 million de dollars américains par les partenaires du programme, il vise à favoriser la co-construction de projets scientifiques sur des enjeux stratégiques pour les sociétés africaines et américaines.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Hamidou Dathe, directeur de la Recherche et de la Coopération, a salué la tenue d’un symposium « qui vient à son heure ». Il a souligné que la recherche et l’innovation occupent désormais une place centrale dans les orientations stratégiques de l’État. « La vision portée par les nouvelles autorités, déclinée dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, place la recherche et l’innovation au cœur du développement », a-t-il déclaré, évoquant notamment la budgétisation spécifique du secteur, la relance des plateformes mutualisées de recherche et le recrutement récent de 500 enseignants-chercheurs. Selon lui, « ce symposium s’inscrit dans le long terme, avec des dimensions essentielles telles que le transfert de technologies, le renforcement des compétences et la co-construction de projets entre chercheurs africains et américains ».
Directeur de la coopération internationale à l’Académie nationale des sciences des États-Unis, le Dr John Boright est revenu sur la genèse du programme « Frontiers ». « Depuis plus de trente ans, l’idée est de connecter des scientifiques exceptionnels en début de carrière avec ce qui se fait de plus avancé à la frontière des sciences, de l’ingénierie et de la médecine », a-t-il expliqué, soulignant que nombre de dirigeants actuels de la science américaine sont issus de ces rencontres. Il s’est félicité de l’extension du concept à l’échelle continentale : « L’Afrique était un projet attendu depuis longtemps. Rassembler une centaine de jeunes leaders scientifiques, c’est aussi investir dans le leadership et la compréhension de la portée globale de la science ».
Pour le président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, le Dr Moctar Touré, cette première édition revêt une forte portée symbolique. « Nous célébrons ici la jeunesse scientifique. L’Académie a pour ambition de promouvoir les sciences de manière plus large et plus profonde, dans l’enseignement comme dans le développement », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité pour l’Afrique d’être « présente dans la réflexion, la construction et l’utilisation des technologies d’avant-garde qui façonneront le monde de demain ». Il a également mis en avant le rôle croissant de la diplomatie scientifique dans le renforcement des partenariats internationaux.
Coordonnateur du symposium, le professeur Balla Diop Ngom a, pour sa part, détaillé les axes de travail retenus. « Cinq grandes thématiques structurent cette édition : l’intelligence artificielle et l’aide à la décision, la santé maternelle et infantile, les matériaux critiques et minéraux, la bio-informatique et la sécurité alimentaire », a-t-il précisé. Durant trois jours, les jeunes chercheurs venus de toute l’Afrique et des États-Unis échangeront avec des partenaires et bailleurs de premier plan pour discuter des résultats récents de la recherche et des défis communs. « Les enjeux de transition énergétique, de climat et de digitalisation exigent des réponses scientifiques concertées, d’autant plus que certaines ressources critiques nécessaires aux nouvelles technologies tendent à se raréfier », a-t-il averti.
À travers l’accueil de ce symposium, le Sénégal confirme son ambition de s’imposer comme un acteur scientifique majeur en Afrique, capable de fédérer les talents, de stimuler l’innovation et de contribuer, par la recherche, aux grandes transformations économiques et sociales du continent.
Daouda Diouf