Face à un commerce mondial fort dynamique en 2025 d’environ 35 000 milliards de dollars, mais une Europe et une Amérique du Nord à la croissance « plus lente », le continent africain affiche l’une des « plus solides » croissances commerciales sur la période, selon les estimations de la CNUCED. Cependant, la région pèse encore environ 3% dans les échanges planétaires. Ainsi, contribuer à la transformation des économies des pays africains est un objectif phare de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) rappelé le 6 mars, lors du Dialogue Sud-Sud sur les pays les moins avancés (PMA) au siège de l’institution à Genève. Pour ce faire, « la réforme de l’OMC sera essentielle », estime la directrice générale, Ngozi Okonjo Iweala, qui se réjouit des avancées enregistrées dans la prise en compte des priorités de ces pays en matière de commerce.
Ces pays africains qui valorisent leur coton pour le Mondial
Depuis son arrivée à la tête de l’institution en 2021 en plein débat autour de la nécessité de rehausser la place de l’Afrique dans les institutions internationales, cette ancienne de la Banque mondiale a visiblement mis les bouchées doubles sur le continent. Alors que le commerce avec le reste du monde est encore dominé par l’exportation de nombreuses matières premières agricoles et minières à l’état brut, l’OMC s’est engagée à soutenir la promotion en cours de l’industrialisation sur le continent. En 2022, un accord avec la FIFA lance le « Partenariat pour le coton », auquel plusieurs organisations se sont alliés notamment la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank ou encore des agences onusiennes et le secteur privé.
Le « Partenariat pour le coton » promeut la transformation des chaînes de valeur du coton, du textile et de l’habillement ouest-africains à travers la production d’équipements sportifs par les pays du groupe Coton-4+, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Tchad et la Côte d’Ivoire. Ces pays produiront d’ailleurs une partie des maillots de la Coupe du monde 2026 qui se déroulera cet été aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. Les prototypes fabriqués à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) au Bénin -désormais premier producteur de coton d’Afrique – seront présentés fin mars à Yaoundé, lors du forum d’affaires organisé en amont de la quatorzième Conférence ministérielle de l’OMC rassemblant les ministres du commerce du monde et des figures institutionnelles et entrepreneuriales, afin de booster les investissements dans le coton africain.