En 2025, l’Union européenne a exporté pour 158 000 tonnes de viande de poulet vers le Ghana. C’est ce qu’indique le rapport du Département américain de l’agriculture (USDA) publié le 4 mars dernier sur la filière volaille dans cet espace économique. Ce volume en hausse de 15% d’une année sur l’autre fait de l’ex-Gold Coast le premier débouché africain pour les exportateurs européens de ce produit, et le second plus important débouché hors-UE après le Royaume-Uni.
Second consommateur ouest-africain de viande de poulet
Selon l’organisme américain, la croissance des ventes vers le Ghana survient alors que dans l’ensemble, les exportations de viande de poulet de l’UE ont chuté de 2% en 2025 et que ses envois vers l’Afrique subsaharienne ont stagné cette année-là. Cette situation illustre la forte demande à l’importation d’Accra, sur fond de la faiblesse de la production locale.
En effet, si le pays est le second consommateur de viande de poulet d’Afrique de l’Ouest derrière le Nigeria avec plus de 300 000 tonnes par an, l’offre locale ne fluctue qu’entre 50 000 et 60 000 tonnes par an. Jadis florissante, dans les années 80-90, la filière accumule depuis plusieurs années des défis structurels. Alors que les annonces volontaristes et les plans de relance se sont succédés, la production commerciale continue de souffrir entre autres de l’offre insuffisante de poussins d’un jour et des prix élevés de l’alimentation animale, qui représentent plus de 70 % des coûts de production.
Dans l’ex-Gold Coast, le prix du sac de 50 kg de maïs a vu son tarif quintupler depuis 2019, passant à 227 cedis (18 euros) en 2023 alors que les tarifs pour les mêmes quantités de provendes démarrage et finition, ainsi que de tourteau de soja ont plus que triplé sur la même période d’après l’USDA.
Au-delà de la production, l’industrie peine aussi dans la transformation, le conditionnement et le marketing pour répondre aux attentes de la population et à l’évolution des habitudes de consommation. Pendant que l’essentiel des volailles vendues sur le marché sont proposées entières, faute d’infrastructures et d’équipements permettant de produire des découpes, 80 % du poulet congelé exporté vers le Ghana arrive sous forme de morceaux (principalement des bas de cuisses et des ailes).
Dans le pays, la moyenne des importations dépasse 250 000 tonnes par an avec des volumes en provenance essentiellement des Pays-Bas, des Etats-Unis, de la Pologne, du Brésil et de la Belgique.
Une filière qui cherche à se relancer avec l’appui du gouvernement
Face à la détresse des organisations d’éleveurs, le gouvernement ghanéen a fait de la relance de la filière avicole une priorité de sa stratégie agricole et industrielle. Début 2025, l’exécutif a reconnu les difficultés de la filière et a annoncé un programme ciblé pour soutenir les acteurs. Baptisé « Poultry Farm to the Table Programme », ce projet veut améliorer l’accès des producteurs au crédit, à des rations animales à bas prix ainsi qu’aux poussins améliorés avec l’objectif de remettre en activité des centaines de fermes et doper la production.
Plus récemment, en février, les autorités ont annoncé qu’un plan directeur pour le développement de l’aviculture est en préparation. Piloté par le ministère de l’Agriculture, en partenariat avec le cabinet Agri-Impact Limited et la Fondation Mastercard, cette feuille de route vise à accroître la production, améliorer la compétitivité et réduire la dépendance aux importations, tout en créant des emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur (éleveurs, fabricants d’aliments, vétérinaires, transformateurs, logistique).
Le document devrait être finalisé après des consultations dans les principales zones de production (Northern, Middle Belt et Sud).