LE CHIFFRE À RETENIR
46 Md USD
C’est le montant des réserves de change du Nigeria, à leur plus haut niveau depuis 2018.
Succès de l’émission d’une première tranche d’obligations destinées à régler les arriérés de dette du secteur de l’électricité
Dans le cadre du Plan présidentiel de réduction de la dette du secteur électrique (PPSDRP), le pays a émis avec succès une première tranche d’obligations représentant 501 Md NGN, soit 300 M EUR. Deux tranches de 300 Md NGN et 201 Md NGN ont été émises par la Société nigériane de négoce d’électricité en gros (NBET), avec un taux de souscription de 100% (coupon de 17,5% et de maturité 7 ans), la première sur les marchés financiers et la seconde directement auprès des sociétés de production d’électricité (GenCos).
Il s’agit d’une première émission dans le cadre d’un accord entre le gouvernement fédéral et certaines GenCos, signé en octobre dernier. Il vise à résoudre le problème de liquidité et d’endettement historique des sociétés d’électricité qui a freiné les investissements et entravé la fiabilité de l’approvisionnement en électricité dans le pays. Les arriérés étaient estimés à près de 4 000 Md NGN fin 2024 (2,4 Md EUR), soit près d’1% du PIB. Ce montant représente également l’ensemble des émissions prévues par le programme PPSDRP.
L’électricité représente le troisième secteur à « dé-subventionner » au Nigeria, après le carburant et le change (schéma inefficace et régressif). L’accumulation d’arriérés de dette auprès des sociétés de distribution (DisCos), qui se répercutent sur les GenCos, en plus de restreindre la liquidité du secteur et son financement, représente un poids sur la soutenabilité de la dette publique.
La CBN reclassifie les licences de plusieurs sociétés de fintech et banques de microfinance dans un contexte de croissance rapide du numérique
La Banque centrale du Nigeria a annoncé lors de la conférence annuelle du Committee of Heads of Banks’ Operations à Lagos la reclassification de licences de plusieurs sociétés de technologies financières (fintech) et de banques de microfinance en licences nationales. Des établissements tels que Moniepoint Microfinance Bank, OPay, Kuda Bank, PalmPay et Paga ont ainsi obtenu l’autorisation d’opérer dans tous les États fédéraux du Nigeria. Les nouvelles licences s’accompagnent d’exigences réglementaires plus strictes, notamment un seuil de capital minimum de 5 Md NGN (3,5 M USD) pour les banques de microfinance, et l’obligation de maintenir une présence physique dans des zones clés.
Le gouvernement fédéral approuve le projet en eaux profondes d’Ogun
Le gouvernement fédéral a donné son accord pour le lancement du projet tant attendu du port en eaux profondes d’Olokola, une zone de libre-échange, à Ogun. Ce port maritime, qui sera connu sous le nom de « Blue Marine Economic Zone », doit permettre de décongestionner considérablement les ports de Lagos.
Le Nigeria devrait lancer une première campagne nationale pour la culture du clou de girofle
L’Association nationale des cultivateurs de clous de girofle a annoncé le futur lancement d’une campagne nationale pour la culture du clou de girofle. Cette campagne devrait mettre en valeur le développement de la filière, dans une logique d’exportation, et mobiliser 74 000 agriculteurs. L’objectif affiché est de placer le Nigeria comme second exportateur de clous de girofle en Afrique, derrière la Tanzanie, alors que le marché mondial est en forte croissance.
La banque centrale réduit son taux directeur de 250 points de base à 15,5%
Cette décision s’inscrit dans un contexte de désinflation rapide, l’inflation en glissement annuel étant revenue de 23,8% en décembre 2024 à 5,4% en décembre 2025, tandis que l’inflation sous-jacente, calculée hors énergie et services publics, s’est également infléchie.
Les indicateurs d’activité signalent également un raffermissement de la conjoncture. D’après le Service statistique ghanéen (GSS), le PIB réel a progressé de 6,1% sur les trois premiers trimestres de 2025, contre 5,8% un an plus tôt, porté principalement par les services et l’agriculture. Cette dynamique se reflète dans l’indice composite d’activité économique de la banque centrale, dont la croissance a atteint 8,8% en novembre 2025, contre 1,5% en novembre 2024, en lien notamment avec la reprise du crédit au secteur privé, du commerce extérieur et de la production industrielle.
Les équilibres budgétaires et externes se sont par ailleurs améliorés sur la période récente. À fin novembre 2025, le déficit budgétaire global s’est établi à 0,5% du PIB et la dette publique à 45,5% du PIB. Le compte courant a dégagé un excédent provisoire de 9,1 Md USD en 2025, contre 1,5 Md USD en 2024, contribuant à une accumulation des réserves de change à 13,8 Md USD, soit 5,7 mois d’importations. Dans ce contexte, le cedi s’est apprécié de 40,7% face au dollar en 2025 et est resté relativement stable au début de 2026.
La détente observée sur les marchés financiers accompagne cette évolution. Le rendement des bons du Trésor à 91 jours est revenu à 11,08% en décembre 2025, contre 27,73% un an plus tôt, tandis que les taux débiteurs moyens ont reculé à 20,45% (30,25% en 2024), en lien avec la baisse cumulée du taux directeur au cours de l’année. La croissance du crédit au secteur privé s’est ainsi redressée pour atteindre 13,1%.
Malgré cet assouplissement, la Banque du Ghana estime que les conditions monétaires demeurent restrictives au regard de la dynamique de l’inflation. Le comité indique rester attentif aux risques susceptibles d’affecter les perspectives, notamment ceux liés aux ajustements tarifaires et à la volatilité des marchés de matières premières, avant sa prochaine réunion prévue en mars 2026.
Les recettes d’exportation d’or doublent à 20,9 Md USD en 2025
L’or représente ainsi près de 67% des recettes totales d’exportation en 2025, très loin devant le cacao (3,9 Md USD) et le pétrole (2,6 Md USD). Les autres produits ont généré 3,7 Md USD, illustrant la forte concentration des recettes extérieures autour du secteur aurifère. Cette dynamique a contribué à un excédent commercial de 13,7 Md USD, soit 12,1% du PIB, contre 4,5% du PIB en 2024, et à un excédent courant de 9,1 Md USD (8,1% du PIB).
La progression des exportations aurifères coïncide avec la mise en œuvre de réformes d’encadrement du secteur, en particulier dans l’exploitation artisanale et à petite échelle. Selon le Conseil de l’or ghanéen (GoldBod), chargé depuis mai 2025 de l’achat et de l’exportation de la production issue de ce segment, 100 tonnes d’or ont été exportées lors de sa première année d’activité, générant plus de 10 Md USD de recettes en devises, soit près de la moitié des exportations totales d’or enregistrées en 2025. La forte croissance du montant des exportations aurifères correspond également à l’augmentation significative du cours de l’or en 2025 (de 2 650 USD début janvier à 4 350 USD l’once fin décembre), alors même que le pallier symbolique des 5 000 USD l’once a été franchi le 24 janvier 2026.
L’essor des recettes aurifères a contribué à l’amélioration du solde extérieur et au renforcement des positions de change du pays. À fin décembre 2025, les réserves internationales brutes se sont établies à 13,8 Md USD, correspondant à 5,7 mois d’importations, contre 4,1 mois un an plus tôt, contribuant au renforcement des équilibres externes.