L’Union européenne (UE) et le Ghana sont convenus de conclure un partenariat de sécurité et de défense, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre Bruxelles et les pays d’Afrique de l’Ouest. L’annonce a été faite le 11 mars 2026 à Accra par Jonas Claes, chargé d’affaires à la délégation de l’UE au Ghana, lors d’une réunion du comité de pilotage du projet « EU Support to ECOWAS in Peace, Security and Governance » (EPSG).

Ce partenariat, présenté comme « le premier du genre entre l’Union et un pays africain », selon la Ghana News Agency (GNA), l’agence de presse officielle ghanéenne, vise notamment à renforcer les systèmes nationaux et locaux d’alerte précoce et de réponse aux crises, ainsi que les mécanismes communautaires de prévention et de résolution des conflits.

Pour l’Union européenne, ces dispositifs doivent permettre d’améliorer la capacité des États à anticiper et contenir les tensions sécuritaires dans une région confrontée à la montée de l’extrémisme violent. Selon Jonas Claes, les défis actuels — qu’il s’agisse de l’extrémisme violent, de l’instabilité politique ou encore de la désinformation — ne peuvent être relevés par des pays agissant isolément et nécessitent « coordination, solidarité et action collective ».

Le Ghana, acteur clé de la sécurité dans le golfe de Guinée

Dans une sous-région confrontée à l’expansion des groupes armés sahéliens, le Ghana joue un rôle important dans les dispositifs de coopération sécuritaire régionaux.

Le pays participe notamment à l’Initiative d’Accra, un mécanisme de coopération sécuritaire lancé en 2017 qui rassemble, outre le Ghana, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Mali et le Niger. Ce dispositif vise à empêcher la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent vers les États côtiers du golfe de Guinée à travers des opérations conjointes, le partage de renseignements et des programmes de formation des forces de sécurité.

A ce jour, le Ghana reste épargné par les attaques jihadistes, contrairement à plusieurs pays voisins, notamment le Burkina Faso, où la situation sécuritaire s’est fortement dégradée ces dernières années.

Dans ce contexte, Accra cherche également à maintenir le dialogue avec les pays du Sahel regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui rassemble le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Créée en 2023 sous la forme d’un pacte de défense mutuelle, cette alliance vise à renforcer la coopération militaire entre ces États confrontés à la progression des groupes armés.

Une coopération européenne déjà structurée dans la région

Le nouveau partenariat s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre l’Union européenne et les organisations régionales ouest-africaines.

Lancé en 2024, le programme « EU Support to ECOWAS in Peace, Security and Governance » (EPSG) vise à appuyer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la gestion des défis sécuritaires et de gouvernance.

Mis en œuvre selon l’approche « Team Europe », ce programme est financé par l’UE et l’Allemagne et exécuté par un consortium d’organisations internationales, dont la GIZ, Expertise France (EF) et la FIAP, en partenariat avec la CEDEAO.

Dans un contexte marqué par la recomposition des alliances sécuritaires en Afrique de l’Ouest, ce partenariat entre l’Union européenne et le Ghana illustre la volonté de Bruxelles de renforcer sa présence stratégique dans le golfe de Guinée, tout en soutenant les mécanismes régionaux de stabilité.