La compagnie énergétique britannique Energean a annoncé le jeudi 12 mars la signature d’un accord pour racheter la participation opérée de 31% de Chevron dans le bloc 14 ainsi qu’un intérêt non opéré de 15,5% dans le bloc 14K, situés au large de l’Angola. La transaction prévoit une contrepartie de base de 260 millions de dollars (227 millions d’euros).

Elle est effective rétroactivement au 1er janvier 2026 et devrait être finalisée d’ici la fin de l’année, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires.

Les deux actifs produisent actuellement environ 42 000 barils de pétrole par jour au total. La part acquise par Energean correspond à environ 13 000 barils par jour nets. Les actifs ont généré un EBITDAX ajusté de 119 millions de dollars (103,2 millions d’euros) en 2025 et devraient être immédiatement générateurs de flux de trésorerie pour la société.

Le bloc 14 constitue l’actif central de l’opération. Il produit environ 40 000 barils de pétrole par jour à partir de neuf gisements. Historiquement, il a atteint près de 300 000 barils par jour au pic de sa production avant d’entrer dans une phase de déclin typique des actifs offshore matures. Les réserves prouvées et probables nettes associées aux actifs sont estimées à environ 28 millions de barils. Le bloc 14K comprend quant à lui le champ pétrolier de Lianzi, un champ transfrontalier relié aux installations du bloc 14 et produisant environ 2 000 barils par jour.

Vers un ancrage dans le golfe de Guinée

Au-delà du prix d’acquisition initial, Energean prévoit des paiements conditionnels pouvant atteindre 25 millions de dollars par an, dans la limite de 250 millions de dollars jusqu’en 2038, en fonction notamment de l’évolution des prix du pétrole et des progrès des projets de développement. L’opération sera financée par une combinaison de dette adossée aux actifs acquis et de trésorerie disponible.

Pour l’entreprise, cette acquisition s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification hors de la Méditerranée orientale, où se concentre aujourd’hui l’essentiel du portefeuille du groupe, notamment autour de ses champs gaziers israéliens.

Dans cette logique, l’Angola pourrait servir de point d’ancrage pour la construction d’un futur hub énergétique dans le golfe de Guinée. Energean examine en parallèle d’autres opportunités dans la région, en particulier dans le gaz offshore en Mauritanie et au Sénégal, où plusieurs ressources découvertes restent encore à développer.

Une expansion régionale après un retrait du Maroc

Cette orientation intervient après une expérience de courte durée au Maroc. Le groupe s’était positionné en 2024 dans les licences offshore Lixus et Rissana en devenant opérateur du projet gazier Anchois. Après des résultats jugés insuffisants du puits Anchois-3, qui n’a pas confirmé les volumes nécessaires à l’extension du projet, Energean s’est retiré du projet en 2025, rétrocédant ses participations à son partenaire Chariot.

L’acquisition en Angola marque ainsi un repositionnement vers des actifs déjà en production, capables de générer rapidement des flux de trésorerie tout en offrant des perspectives d’optimisation grâce aux infrastructures existantes et à de futurs programmes de redéveloppement.

Pour Chevron, la transaction s’inscrit dans une stratégie de rationalisation de portefeuille, le groupe américain restant présent dans plusieurs actifs majeurs du pays, notamment les blocs 0, 33, 49 et 50, ainsi que dans le projet Angola LNG et le champ pétrolier South N’Dola.