Depuis l’indépendance, la Tunisie a construit une part essentielle de son contrat social autour du principe de l’accès universel et gratuit à l’éducation.

Ce choix institutionnel a profondément transformé le pays. L’expansion du système éducatif public a permis une démocratisation massive de la scolarisation et a contribué à la valorisation du capital humain ainsi qu’à la mobilité sociale de larges franges de la population.

Aujourd’hui encore, l’enseignement public demeure largement subventionné par le ministère de l’Éducation et le ministère de l’Enseignement supérieur. Sur le plan administratif, les frais d’inscription restent faibles et les droits universitaires publics sont symboliques.

Sur le papier, la scolarité en Tunisie demeure donc l’une des plus accessibles de la région. Cependant cette apparente gratuité masque une réalité économique beaucoup plus complexe car si l’État prend en charge l’essentiel des infrastructures et du fonctionnement du système, le coût réel de la scolarisation se déplace progressivement vers les ménages.

Le coût caché de la scolarité pour les ménages

Les dépenses liées à l’éducation ne se limitent pas aux frais administratifs. Elles s’accumulent au quotidien sous forme de charges périphériques qui pèsent directement sur le budget des familles.