Le moment est opportun alors que les banques américaines sont sous pression, sur fond de craintes de contagion de la crise de la dette privée : la vice-présidente de la Réserve fédérale (Fed), Michelle Bowman, chargée de la supervision bancaire, a en effet annoncé jeudi 13 mars, lors d’une rencontre organisée par le Cato Institute, une réduction « légère » des exigences de fonds propres des grandes banques américaines, dans le cadre, notamment, de la dernière ligne droite de la mise en œuvre du cadre réglementaire international de Bâle III. Une annonce aussitôt saluée par un rebond des valeurs bancaires jeudi.
Les grands principes de la réforme du cadre prudentiel de Bâle III, visant à tirer les leçons de la crise financière de 2008, ont été adoptés en 2017 mais sont en réalité toujours âprement discutés, voire contestés, tant par les banques américaines que par les banques européennes. En ligne de mire : de nouvelles exigences de fonds propres jugées trop pénalisantes pour la rentabilité et la capacité à octroyer des crédits.
Vaste mouvement de déréglementation
Alors que, dès son premier mandat présidentiel, Donald Trump avait lancé un mouvement de déréglementation du secteur bancaire, les banques européennes n’ont eu de cesse de dénoncer de nouvelles exigences en capital que leurs concurrentes américaines n’étaient pas prêtes à appliquer. Rappelons que ces règles du Comité de Bâle sont en théorie entrées en application depuis 2023 dans le monde, avec parfois des mesures transitoires, comme en zone euro. Avec toutefois deux retardataires, et de taille : les États-Unis et le Royaume-Uni, qui souhaitent également réduire les contraintes en capital.
« L’expérience montre que les exigences qui surpondèrent les activités à faible risque ont des conséquences imprévues », a lancé d’emblée la gouverneure de la Fed, nommée à ce poste par Donald Trump en 2018. « Elles entravent la fonction fondamentale du système bancaire, qui est de fournir du crédit à l’économie réelle », explique Michelle Bowman, tout en soulignant que cela facilite le transfert « de l’activité vers le secteur non bancaire », ce qui résonne fortement aujourd’hui en pleine crise de la dette privée.