Un déploiement discret confirmé par l’Africom 

Washington a confirmé mardi le déploiement d’une équipe militaire au Nigeria. L’annonce a été faite par le général Dagvin R. M. Anderson, chef du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), lors d’une conférence de presse virtuelle. Selon le responsable américain, cette présence s’inscrit dans le cadre d’une « collaboration accrue » entre les deux pays, visant à renforcer les capacités des forces nigérianes. La taille exacte de l’équipe et la nature précise de ses missions n’ont toutefois pas été détaillées. 

Une coopération militaire renforcée avec Abuja 

Depuis plusieurs semaines, les États-Unis et le Nigeria ont intensifié leur coopération sécuritaire, à la suite de pressions diplomatiques exercées par Washington sur Abuja face à la recrudescence des violences menées par des groupes armés jihadistes. Le général Anderson a indiqué que l’équipe américaine apportait « des compétences uniques » afin de soutenir les efforts engagés par le Nigeria « depuis plusieurs années » pour faire face à l’insécurité, sans préciser si ces militaires participeraient directement à des opérations sur le terrain. 

Des frappes américaines en décembre 

Ce renforcement intervient après des frappes menées par les États-Unis le jour de Noël contre des cibles du groupe État islamique (EI) dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria. Fin janvier, l’Africom avait déjà indiqué à l’AFP que l’armée américaine augmentait ses livraisons de matériel et le partage de renseignements avec les forces nigérianes, dans le cadre d’une stratégie visant à traquer les groupes affiliés à l’EI.

When leaders unite around shared security interests, partnerships grow stronger. Discussions with President William Ruto and Kenya’s Foreign Minister underscore Kenya’s strategic role and commitment to peace and security in East Africa. #Kenya #Partnerships #SecurityCooperation pic.twitter.com/G6foUQxTOj


— U.S. Africa Command (AFRICOM) (@USAfricaCommand) January 29, 2026


 
Une menace jihadiste persistante 

Le soutien américain se concentre principalement sur le nord-ouest et le nord-est du Nigeria. Cette dernière région est le théâtre, depuis 2009, d’une insurrection menée par Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Malgré les offensives militaires répétées, les groupes jihadistes continuent de mener des attaques contre les forces de sécurité et les civils, alimentant une crise humanitaire majeure. 

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Un contexte religieux et ethnique sensible 

Les violences sécuritaires au Nigeria s’inscrivent dans un contexte social complexe. Le pays est presque également partagé entre un nord majoritairement musulman et un sud principalement chrétien. Si la majorité de la population vit pacifiquement, l’identité religieuse et ethnique demeure un sujet sensible dans ce pays le plus peuplé d’Afrique, régulièrement marqué par des violences confessionnelles. Des accusations de persécutions ciblées contre les chrétiens, évoquées par le président américain Donald Trump, ont été rejetées par Abuja et par la plupart des experts, qui soulignent que les violences touchent aussi bien chrétiens que musulmans