Le rallye safari du Kenya, troisième manche du championnat du monde WRC, a viré ce samedi 14 mars à l’hécatombe pour l’écurie leader Toyota avec les abandons d’Oliver Solberg, de Sébastien Ogier et d’Elfyn Evans, mais aussi de Thierry Neuville sur Hyundai en raison de conditions météo dantesques.

La boue omniprésente sur des pistes kényanes, qui s’immisce dans les mécaniques des Yaris GR Rally1, a eu raison de la résistance de trois des cinq voitures japonaises, qui écrasaient jusqu’ici leurs concurrentes sud-coréennes Hyundai i20 et les Ford Puma de l’écurie privée anglaise M-Sport Ford Racing.

Toyota a annoncé le retrait jusqu’à dimanche de ses trois équipages de tête

La dernière épreuve spéciale était très boueuse et difficile et la boue est entrée par le moteur et a cassé les alternateurs des deux voitures de Solberg et d’Ogier, a déploré le directeur adjoint de Toyota Gazoo Racing, Juha Kankkunen, au site officiel WRC. Ce sont en conséquence les challengers chez Toyota et chez Hyundai qui en ont profité : le Japonais Takamoto Katsuta sur la quatrième Yaris a pris les commandes provisoires du classement général du rallye, dont la dernière spéciale samedi soir a été annulée en raison, là encore, de la boue et de la pluie.

Il devance d’une minute 25 secondes et cinq dixièmes le Français Adrien Fourmaux, au volant de sa Hyundai et qui n’a encore jamais gagné de course en catégorie reine Rally1. La cinquième Toyota conduite par le Finlandais Sami Pajari se hisse à la troisième place du classement général provisoire.

Les pilotes en mode « survie »

À la porte d’une première victoire en rallye WRC, Katsuta a prévenu que les quatre dernières spéciales de dimanche seraient bien difficiles et qu’il devrait rester concentré. Il a expliqué aux journalistes à l’arrivée de cette nouvelle journée infernale avoir tenté de contourner la moindre pierre, les yeux rivés sur la route et faisant attention dans tous les virages, en mode survie.

Mais sauf incident majeur et grosses pluies dimanche, la piste semble dégagée pour le Japonais et son copilote irlandais Aaron Johnston, puisque les trois Yaris de Solberg, Ogier et Evans ne sont plus dans la course pour la victoire finale. Ogier, quadragénaire et nonuple champion du monde de la discipline, a déjà gagné deux fois le  Safari Rally kényan. Mais les pistes et la météo dans la région de Naivasha de ce pays d’Afrique de l’Est ont eu raison de sa mécanique.

Le pilote originaire de Gap (Hautes-Alpes) et qui fait comme l’an passé une saison partielle a confié que cette édition 2026 au Kenya était la plus extrême que Toyota ait jamais connue. Les conditions chaotiques, notamment lors des spéciales 12 et 13, ont également eu raison du champion du monde WRC 2024 Thierry Neuville et de sa Hyundai i20. Le Belge a abandonné après une double crevaison.

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Et même la plus modeste écurie M-Sport Ford a été victime de ce  Safari Rally hors du commun : pour préserver la Ford Puma, qui avait pris beaucoup l’eau, d’une grave casse mécanique, l’équipe a annoncé que la voiture de l’Irlandais Josh McErlean ne reprendrait pas la course dimanche.