La Commission européenne aura mis le temps mais le cap est donné. Le 4 mars dernier, après des mois de bataille à Bruxelles entre les partisans d’un marché ouvert au libre-échange et les défenseurs du Made in Europe, la future loi sur l’accélération industrielle (IAA) a été présentée. Soutenue par la France et son commissaire à l’Industrie, Stéphane Séjourné, elle prévoit d’instaurer une préférence européenne dans des secteurs jugés stratégiques tels que l’éolien, le nucléaire ou encore l’automobile.
Concrètement, à l’avenir, les aides publiques, comme les bonus à l’achat de voitures, seront soumises à une obligation d’au moins 70 % de contenus locaux – hors batterie – pour les véhicules électriques et les hybrides rechargeables.
Un « véritable poison », un « monstre de bureaucratie »… le « Buy european », un projet qui place la France sous le feu des critiques
Ce changement de doctrine est cependant jugé insuffisant par les grands équipementiers français comme Valeo, OPmobility (ex-Plastic Omnium) et Forvia. Ensemble, ils ont signé en janvier une tribune dans Les Echos pour rappeler que « partout dans le monde, les industries automobiles concurrentes à celle de l’Union européenne sont soutenues et protégées par des mesures spécifiques, notamment en Amérique du Nord et en Asie ». Face à ces distorsions de concurrence, ces fleurons tricolores réclament un seuil minimal de 75 % de composants européens. « Ils doivent financer le lancement de nouveaux produits comme des capteurs pour l’aide à la conduite tout en subissant la pression de la concurrence chinoise qui réduit leur marge opérationnelle », explique Alexandre Marian, directeur associé de la société de conseil AlixPartners.