Dantesque Le Japonais Takamoto Katsuta (Toyota) a remporté, ce dimanche 15 mars, sa première victoire au championnat du monde WRC, lors du « Safari Rally Kenya », une course qui a décimé les favoris et dont le maintien dans ce géant d’Afrique de l’Est est en discussion.

Samedi, sous des trombes d’eau et dans la boue, ce rallye safari avait viré à l’hécatombe pour l’écurie leader japonaise avec les abandons du Suédois Oliver Solberg, du Français Sébastien Ogier et du Britannique Elfyn Evans, mais aussi pour la Sud-coréenne Hyundai et son leader belge Thierry Neuville.

Le retrait des quatre pilotes favoris a ouvert la voie au triomphe de la voiture Yaris Gazoo Racing de Katsuta, jamais encore victorieux en catégorie reine Rally1.

Première victoire d’un Japonais en WRC depuis 1992

Epaulé par son copilote irlandais Aaron Johnston, le nouveau champion nippon au Kenya a bouclé le premier, avec calme et maîtrise, son « safari » en trois heures 16 minutes et cinq secondes.

La dernière victoire d’un Japonais au WRC remonte à celle de Kenjiro Shinozuka en Côte d’Ivoire en 1992, selon l’organisation.

Très ému à l’arrivée, Katsuta a reconnu avoir rencontré « tellement de difficultés » en course et a remercié son équipe Toyota Gazoo Racing et son copilote pour leur « confiance » et leur « travail acharné ».

Sa voiture devance de 27 secondes seulement au classement général la Hyundai i20 du Français Adrien Fourmaux qui a lui aussi profité des déboires des leaders.

« Confiance » chez Toyota

Aux troisième et quatrième places, on retrouve la cinquième Toyota du Finlandais Sami Pajari et la troisième Hyundai de son compatriote Esapekka Lappi.

Au cinquième rang, profitant des retraits et abandons samedi, une Skoda Fabia de la catégorie inférieure Rally2 s’est imposée grâce à son pilote estonien Robert Virves.

Samedi, la boue et l’eau envahissantes sur des pistes kényanes s’étaient immiscées dans les mécaniques des Toyota, Hyundai et aussi des plus modestes Ford Puma de l’écurie privée anglaise M-Sport.

Cela avait forcé les retraits, jusqu’à dimanche, des favoris Solberg, Ogier, Neuville et Evans qui finissent respectivement aux 10e, 11e, 12e et 13e places.

La première Ford de l’Irlandais Jon Armstrong, qui avait abandonné samedi soir, termine 15e.

Ogier a quand même gagné sept spéciales chronométrées, contre quatre pour son jeune coéquipier et ambitieux rival Solberg, lequel avait battu son aîné dans les Alpes françaises et à Monaco fin janvier lors du mythique « Monte Carl’ ».

Le Français originaire de Gap, qui tient à sa saison partielle de dix rallyes sur 14, fort de ses neuf titres de champion du monde, a concédé que cette édition 2026 du « safari » kényan était « la plus extrême » qu’il ait jamais connue.

Il a gagné deux fois au Kenya

D’ailleurs, cette course si exigeante pour toutes les équipes et les voitures, qui plaît aux Kényans et qui est revenue en 2021 au calendrier, pourrait bien évoluer, a indiqué samedi Simon Larkin, un dirigeant de la société de promotion du Championnat des rallyes.

En cause, l’organisation conjointe du « Safari Rally » entre WRC Promoter et le gouvernement kényan du président William Ruto, dont le contrat arrive à son terme.

Plusieurs investisseurs privés se sont engagés dans l’édition 2026 pour remplacer les fonds de Nairobi.

« Le président (Ruto) le sait et est du même avis, si cette transition n’avait pas déjà commencé, nous ne serions pas revenus car un gouvernement n’a pas d’après moi à organiser de tels événements », a déclaré M. Larkin dans un entretien transmis samedi à des journalistes.

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D’après le site Autohebdo, une réunion entre l’État kényan et WRC Promoter devait se tenir dimanche pour discuter de l’avenir du « Safari Rally Kenya ».

M. Larkin a admis « discuter avec d’autres pays africains », mais pas pour un changement et une disparition du « Safari Rally » en 2027.