Cinéaste animalier basé en Haute-Savoie, Baptiste Deturche travaille dans ce domaine depuis 2018. Il s’est orienté vers ce milieu après des études de biologie/écologie. Cette année, il sort son troisième film qui s’intitule Le secret du loup d’Éthiopie.

Comment êtes-vous tombé dans cet univers du cinéma animalier ?

« De base, je voulais faire de la recherche sur le comportement animal en devenant éthologue. Au final, lorsque j’étais à la fac, ça ne s’est pas forcément passé comme prévu, et je me suis retrouvé à ne pas être pris là où j’aurais souhaité aller. En parallèle de ça, je faisais déjà de la vidéo et j’ai découvert qu’il y avait une école en France qui proposait de faire du cinéma animalier. Du coup, j’ai candidaté, j’ai été pris et voilà comment je suis un peu tombé dans le cinéma animalier. »

Pourquoi avez-vous décidé de faire un film sur le loup d’Éthiopie ?

« Ça a commencé par une rencontre avec mon coréalisateur qui s’appelle Adrien Lesaffre, qui est photographe animalier basé en Ariège. On s’était rencontré sur un festival photo en Alsace, et il présentait son travail sur le loup d’Éthiopie tandis que moi je présentais mon travail sur un précédent projet. On a très vite sympathisé et on s’est dit pourquoi pas faire un projet ensemble. Il s’est avéré qu’il m’a parlé de ce fameux comportement du loup d’Éthiopie, et je lui ai dit qu’on n’allait pas faire un projet, mais un film pour en parler. »

Comment avez-vous procédé pour réaliser ce film ?

« Déjà comme tout film, avant de le faire, il faut écrire une histoire. Avant de partir sur le terrain, avec Adrien, nous avons travaillé deux ans, simplement pour le côté préparation. Ce qui a facilité le travail, c’est qu’Adrien va en Éthiopie depuis sept ans, il connaît très bien l’animal, l’environnement et il a toute une équipe sur place. Nous avons été également pas mal aidés par notre guide nature et notre fixeur. Il fallait également gérer la partie logistique, mais aussi le volet connaissance des animaux. Pour cela, Adrien a été très efficace, car moi en tant que réalisateur, j’ai juste eu à me laisser porter par lui et ses connaissances. Et avant ça, il fallait gérer aussi toute la logistique liée au fait de faire un tournage à l’étranger avec du matériel professionnel. »

Le loup d’Éthiopie est une espèce menacée n’est-ce pas ?

« Oui, c’est l’une des espèces de canidés les plus rares du monde. Il en reste 500 dans le monde. Et ce qui était important pour nous, c’était déjà de parler du fait que l’animal est menacé, mais aussi du fait qu’il va peut-être disparaître. Il possède un comportement complètement fou qui nous fait un peu nous poser des questions sur nos connaissances et notre vision du monde. »

Quelles sont ses caractéristiques ?

« C’est un loup, ça, c’est sûr et certain, même s’il est un peu de couleur orangée. Il vit à 3 500 mètres d’altitude, en meute, mais il chasse tout seul, des rats notamment et non des gros mammifères comme on a l’habitude de voir avec les autres loups. Il est endémique des hauts plateaux d’Éthiopie, c’est-à-dire qu’on ne le retrouve que là-bas. »

Votre précédent film portait sur les oiseaux menacés, vous pouvez nous en dire quelques mots ?

« Mon précédent film qui s’intitule Le Pari , sorti en janvier 2023, était sur les galliformes de montagne donc tout ce qui va faire partie de la famille du Tétras-Lyre, du Lagopède, de la perdrix bartavelle, de la gélinotte des bois et du Grand Tétras. Ce sont des animaux qui sont moins rares que le loup d’Éthiopie, mais ils sont tout de même menacés en France. Je me suis lancé le challenge de réaliser le film en un an pour symboliser l’urgence des prises de conscience. Il a été tourné en France, principalement en Haute-Savoie et dans les Pyrénées pour ce qui est du Grand Tétras. »

Est-ce que vous travaillez actuellement sur d’autres projets ?

« Normalement, je sors un autre film à la fin de l’année sur le loup gris qui a été tourné dans les Hautes-Alpes. »

Sortie du film Le secret du loup d’Éthiopie le 1er  avril prochain. Rencontre avec son réalisateur Baptiste Deturche au cinéma Olympia le 21 mars à 19 h.