Le pilote japonais Takamoto Katsuta, au volant d’une Toyota, a remporté dimanche sa toute première victoire au championnat du monde des rallyes WRC, lors du « Safari Rally Kenya », une course dantesque dans la boue et la pluie qui a décimé les favoris. Samedi, ce rallye safari dans ce pays d’Afrique de l’Est avait viré à l’hécatombe pour l’écurie leader japonaise avec les abandons du Suédois Oliver Solberg, du Français Sébastien Ogier et du Britannique Elfyn Evans, mais aussi pour la marque sud-coréenne Hyundai et son leader belge Thierry Neuville.

Le retrait des quatre pilotes favoris a ouvert la voie vers le triomphe de la Yaris Gazoo Racing de Katsuta, jamais encore victorieux en catégorie reine Rally1. Epaulé par son copilote irlandais Aaron Johnston, le nouveau champion nippon au Kenya a bouclé le premier, avec calme et maîtrise, son « safari » en trois heures 16 minutes et cinq secondes. La dernière victoire d’un Japonais en rallye WRC remonte à celle de Kenjiro Shinozuka en Côte d’Ivoire en 1992, selon l’organisation.

Fourmaux à 27 secondes

Très ému à l’arrivée devant la presse, Katsuta a reconnu avoir rencontré « tellement de difficultés » en course et a remercié son équipe Toyota Gazoo Racing et son copilote pour leur « confiance » et leur « travail acharné ». Sa voiture devance de 27 secondes seulement au classement général la Hyundai i20 du Français Adrien Fourmaux qui a lui aussi profité des déboires des leaders. Aux troisième et quatrième places, on retrouve la cinquième Toyota du Finlandais Sami Pajari et la troisième Hyundai de son compatriote Esapekka Lappi.

À la cinquième place, profitant des retraits et abandons samedi, une Skoda Fabia de la catégorie inférieure Rally2 s’est imposée grâce à son pilote estonien Robert Virves. Samedi, la boue et l’eau omniprésentes sur des pistes kényanes s’étaient immiscées dans les mécaniques des Toyota, Hyundai et aussi des plus modestes Ford Puma de l’écurie privée anglaise M-Sport. Cela avait contraint aux retraits jusqu’à dimanche des favoris Solberg, Ogier, Neuville et Evans qui finissent respectivement aux 10e, 11e, 12e et 13e places. La première Ford de l’Irlandais Jon Armstrong, qui avait abandonné samedi soir, termine 15e.

Sébastien Ogier, quadragénaire et nonuple champion du monde des rallyes, la dernière fois en 2025, a déjà gagné deux fois le « Safari Rally » kényan. Le pilote originaire de Gap (Hautes-Alpes), qui fait comme l’an passé une saison partielle, a confié que cette édition 2026 était « la plus extrême » qu’il ait jamais connue.

Vers une évolution du rallye ?

D’ailleurs, cette course si exigeante pour toutes les équipes et les voitures, qui plaît aux Kényans et qui est revenue en 2021 au calendrier, pourrait bien évoluer, a indiqué samedi Simon Larkin, un dirigeant de la société de promotion du Championnat des rallyes. En cause, l’organisation conjointe du « Safari Rally » entre WRC Promoter et le gouvernement kényan du président William Ruto, dont le contrat arrive à son terme.

Plusieurs investisseurs privés se sont engagés dans l’édition 2026 pour remplacer les fonds de Nairobi. « Le président (Ruto) le sait et est du même avis, si cette transition n’avait pas déjà commencé, nous ne serions pas revenus car un gouvernement n’a pas d’après moi à organiser de tels événements », a déclaré M. Larkin dans un entretien transmis samedi à des journalistes. D’après le site Autohebdo, une réunion entre l’Etat kényan et WRC Promoter devait se tenir dimanche pour discuter de l’avenir du « Safari Rally Kenya ». M. Larkin a admis « discuter avec d’autres pays africains », mais pas pour un changement et une disparition du « Safari Rally » en 2027.