Selon une analyse de la plateforme spécialisée « Energy », les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime au détroit d’Ormuz pourraient redéfinir la donne sur le marché mondial des engrais, offrant au Maroc une opportunité historique de renforcer son leadership.

Le détroit d’Ormuz, un point de passage sous haute tension Le rapport souligne que le blocage du détroit d’Ormuz paralyse près de 30 % des exportations mondiales de nutriments agricoles (Urée, Ammoniac, Phosphates et Soufre). Alors que les pays du Golfe assurent un tiers de l’offre mondiale d’urée et un quart du commerce d’ammoniac, l’instabilité actuelle menace directement la sécurité alimentaire globale.

Les atouts du modèle marocain Dans ce contexte de crise, le Maroc se distingue par plusieurs avantages compétitifs :

Sécurité logistique : Contrairement à ses concurrents du Golfe, le Maroc n’est pas tributaire des zones de navigation à haut risque, ce qui réduit considérablement les coûts d’assurance et de transport.

Proximité des marchés : Sa position stratégique entre la Méditerranée et l’Atlantique lui offre un accès privilégié aux marchés européen et américain pendant les saisons agricoles.

Résilience des coûts : La production marocaine, basée sur le phosphate local, est moins exposée aux fluctuations des prix du gaz naturel qui impactent lourdement les producteurs dépendant de l’énergie fossile.

Le défi du soufre : Un point de vigilance Toutefois, le rapport nuance ce potentiel en mentionnant le risque de rupture de l’approvisionnement en soufre. Cette matière première, essentielle à la fabrication de l’acide phosphorique et des engrais dérivés, pourrait connaître des tensions logistiques, obligeant l’industrie marocaine à diversifier ses sources pour maintenir sa cadence de production.