La Tunisie a réaffirmé son engagement dans la lutte contre l’islamophobie lors d’un événement de haut niveau organisé aux Nations unies pour commémorer la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, le 16 mars 2026. À cette occasion, Nabil Ammar, représentant permanent de la Tunisie auprès de l’ONU, a mis en garde contre les dangers croissants de ce phénomène pour la paix et la stabilité internationales.
Dans son intervention devant les représentants des États membres et les responsables onusiens, le diplomate tunisien a rappelé que cette journée internationale s’inscrit pleinement dans la mission fondamentale de l’Organisation des Nations unies : promouvoir des relations pacifiques, durables et prospères entre les peuples et les nations du monde.
Selon Nabil Ammar, les valeurs portées par l’islam et les messages de cette religion, qui ont touché des centaines de millions de croyants à travers le monde, doivent être respectés et ne sauraient être associés à des actes de violence. Il a insisté sur le fait que les principes de l’islam ne peuvent en aucun cas être utilisés pour justifier ou être liés à des violences contre des êtres humains ou toute autre créature.
Le représentant tunisien a également dénoncé ce qu’il a décrit comme une instrumentalisation politique de l’islamophobie. Selon lui, ce phénomène s’inscrit parfois dans des agendas politiques visant à diffuser l’image la plus négative possible de l’islam à l’échelle mondiale.
« L’islamophobie fait partie d’un agenda politique qui a été inventé, financé et encouragé pour servir certains objectifs », a-t-il déclaré, estimant que cette stratégie constitue une politique dangereuse et contreproductive.
Nabil Ammar a averti que l’histoire de l’humanité avait déjà connu des processus similaires de stigmatisation et de diabolisation de communautés, qui ont souvent conduit à des conséquences tragiques, telles que la violence, la terreur, les massacres, les guerres ou encore les génocides.
Dans ce contexte, il a souligné que la montée de l’islamophobie représente aujourd’hui une menace directe pour la stabilité internationale. Au-delà de ses effets sur les musulmans, ce phénomène constitue, selon lui, une agression contre l’ensemble de l’humanité et les valeurs de coexistence entre les peuples.
Nabil Ammar a également évoqué le rôle amplificateur des technologies modernes de communication. Selon lui, les nouveaux moyens numériques ont contribué à diffuser plus rapidement les discours de haine et les stéréotypes visant l’islam et les musulmans.
Face à cette situation, Nabil Ammar a appelé à une responsabilité collective pour lutter efficacement contre l’islamophobie. Il a notamment souligné le rôle central des gouvernements, mais aussi celui des responsables politiques, des partis, des médias et des acteurs de la société civile.
Selon lui, les déclarations de condamnation ne suffisent plus. Il est désormais nécessaire d’informer davantage les opinions publiques et de prendre des mesures concrètes contre toutes les formes d’incitation ou de propagation de l’islamophobie, qu’elles soient exprimées publiquement ou de manière plus discrète.
À travers cette intervention, la Tunisie a réaffirmé son attachement aux valeurs de tolérance, de dialogue entre les cultures et de respect mutuel, tout en appelant la communauté internationale à renforcer les efforts pour combattre toutes les formes de discrimination religieuse.