Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers l’Égypte ont atteint environ 11 milliards de dollars en 2025, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) intitulé « Examen de la qualité des investissements directs étrangers en Égypte ». Le document souligne la capacité du pays à attirer des capitaux étrangers en volume croissant, mais pointe une contribution encore insuffisante de ces investissements à la création d’emplois et à l’innovation.
D’après l’étude, l’impact économique de ces investissements demeure limité : chaque milliard de dollars d’IDE ne génère qu’environ 1 100 emplois en Égypte. Ce niveau représente près de la moitié de la moyenne enregistrée dans les pays de l’OCDE — estimée à 2 100 emplois par milliard investi — et reste inférieur à la moyenne régionale, située autour de 1 600 emplois.
Construction et ressources naturelles captent l’essentiel des flux
Cette situation s’explique en grande partie par la structure sectorielle des investissements étrangers. Sur la décennie achevée en 2023, les secteurs de la construction et des ressources naturelles ont concentré près de 80 % des IDE entrants. Bien que fortement capitalistiques et productifs, ces secteurs génèrent peu d’effets d’entraînement en matière de transfert technologique et de diffusion des connaissances au sein de l’économie locale.
Le rapport souligne la faiblesse marquée des investissements dans la recherche et le développement (R&D), qui représentent à peine 0,2 % du total des IDE. Par ailleurs, seulement 5,5 % des entreprises étrangères implantées en Égypte déclarent investir dans ce domaine, ce qui témoigne d’un ancrage encore superficiel des firmes étrangères dans le tissu productif local.
Un écart de productivité persistant entre firmes étrangères et entreprises locales
L’étude met en évidence un écart significatif de productivité entre les deux catégories d’acteurs. Les sociétés étrangères affichent des niveaux de production environ 1,5 fois supérieurs à ceux des entreprises égyptiennes. Cet écart tient notamment à la capacité d’absorption encore limitée de nombreuses entreprises locales, qui ne disposent pas toujours des compétences techniques et managériales nécessaires pour tirer pleinement profit des transferts de technologies et de savoir-faire.
Afin d’améliorer les retombées économiques des IDE, l’OCDE formule plusieurs recommandations. Figurent notamment parmi celles-ci, le renforcement des liens entre les PME locales et les entreprises étrangères, ainsi que la mise en place de guides pratiques destinés aux fournisseurs issus des PME.