Depuis que les COP existent, c’est toujours le même réflexe : à chaque fois que le sujet de la préservation des forêts est avancé, tous les yeux se tournent vers la jungle amazonienne. C’est encore plus vrai cette année, le rendez-vous onusien sur le climat se déroulant à Belém, aux abords de la canopée brésilienne.

Pourtant, en vingt-cinq ans, la forêt tropicale sud-américaine a perdu 20 % de sa superficie et joue de moins en moins son rôle de poumon de la planète, comme l’ont signifié hier lors d’une manifestation militants écologistes et autochtones.

Pour trouver le plus grand puits de carbone tropical du monde, il faut regarder de l’autre côté de l’Atlantique. Il se situe en Afrique centrale et plus précisément dans le bassin du Congo. C’est là que s’étend, sur six pays – République démocratique du Congo (RDC), Gabon, Cameroun, République centrafricaine, Congo et Guinée équatoriale –, la seconde forêt pluviale de la planète. « Cette dernière remplit un rôle majeur dans la régulation du climat mondial en stockant 600 millions de tonnes de CO2 chaque année, soit près de deux fois les émissions de la France », confirme Lee White, biologiste britannique et ancien ministre de l’Environnement du Gabon, aujourd’hui envoyé spécial à Belém.

La forêt a aussi un impact déterminant sur la pluviométrie de toute l’Afrique, de l’Éthiopie à l’est au Sahel plus au nord. « Le bassin du Congo n’est donc pas seulement un poumon pour la planète, c’est aussi un cœur pour l’Afrique », résume Lee White.