Les 89 derniers chrétiens enlevés lors de l’attaque perpétrée en janvier par des gangs criminels contre trois églises dans le nord du Nigeria ont été libérés dans un contexte de recrudescence des enlèvements de masse dans le pays, ont rapporté jeudi des médias locaux.

Les personnes libérées parmi lesquelles figuraient des enfants sont arrivées en bus à Kaduna (nord), escortées par les forces de sécurité, avant d’être reçues par le gouverneur de l’État de Kaduna, selon les mêmes sources.

Selon les autorités locales, 183 personnes avaient été initialement enlevées lors de l’attaque, dont onze ont réussi à s’échapper, 83 ont été libérées il y a trois jours et les 89 dernières ont été secourues mardi soir ou tôt mercredi. L’enlèvement s’est produit le 18 janvier, en pleine messe dominicale dans le village de Kurmin Wali situé dans le district à majorité chrétienne de Kajuru, dans l’État de Kaduna. Ce kidnapping est intervenu après une série d’enlèvements de masse fin 2025, notamment dans des établissements scolaires, mettant en lumière la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs régions du pays.

Les enlèvements de masse sont fréquents au Nigeria. Ils sont majoritairement perpétrés par des gangs criminels, appelés localement « bandits », qui opèrent sans revendication idéologique et réclament des rançons. Fin novembre, plus de 300 élèves et 12 enseignants avaient été enlevés dans une école catholique de l’État de Niger avant d’être libérés. En réaction, le président nigérian a décrété l’état d’urgence sécuritaire et lancé un renforcement des effectifs militaires et policiers. De nombreuses écoles ont depuis fermé dans le nord du pays.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est confronté depuis 2009 à une insurrection jihadiste dans le nord-est, tandis que des groupes armés criminels opèrent dans le nord-ouest et le centre-nord, auxquels se sont ajoutés des mouvements terroristes locaux.