L’Université Euro-Méditerranéenne de Fès a accueilli la finale régionale du hackathon RamadanIA. Organisé par le ministère de la Transition numérique, l’événement mobilise des développeurs pour concevoir des solutions fondées sur l’intelligence artificielle. Les travaux visent à résoudre des problématiques territoriales liées à l’environnement, l’agriculture et la gestion urbaine.
La finale régionale du programme «RamadanIA Hackathon» s’est déroulée vendredi dans les locaux de l’Université Euro-Méditerranéenne de Fès. Organisé par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le rassemblement a mobilisé des étudiants, des porteurs de projets ainsi que de jeunes entrepreneurs. Le regroupement s’inscrit dans la stratégie institutionnelle «Maroc Digital 2030» et s’aligne sur les objectifs de la feuille de route «IA Made in Morocco».
L’objectif affiché consiste à réunir des compétences nationales pour élaborer des solutions technologiques directement applicables aux problématiques locales. Lors des différentes sessions de travail, les développeurs ont structuré leurs recherches autour de huit axes de développement. Le cahier des charges inclut la mobilité intelligente, la gestion de l’environnement, le contrôle de la qualité de l’air et l’optimisation des espaces verts. En outre, les groupes ont planché sur des questions liées au tourisme et à la préservation du patrimoine ainsi qu’à la distribution de l’eau et à l’assainissement.
Parallèlement, un accent a été mis sur la digitalisation des services administratifs, l’inclusion numérique des populations éloignées et le traitement des déchets urbains. L’ensemble des recherches converge vers l’amélioration des services publics à l’échelle de la région.
Un accompagnement pour structurer les modèles technologiques
Afin de canaliser les réflexions des candidats, le déroulement du hackathon a obéi à deux orientations méthodologiques dictées par l’équipe d’encadrement. Akram Ougri, coach et expert auprès du programme, précise que le premier axe vise à former les créateurs à l’utilisation des outils existants en intelligence artificielle pour accélérer le prototypage physique ou logiciel. Le second volet concerne l’incorporation des algorithmes au cœur même des solutions imaginées, dans le but de renforcer leur viabilité sur le marché.
Les retours d’expérience des participants confirment l’acquisition de compétences techniques et managériales. Le travail de groupe, la structuration d’un argumentaire et la défense publique d’un concept technologique figurent parmi les apprentissages mentionnés. Une équipe d’étudiants a ainsi focalisé son travail sur le secteur de l’agriculture nationale.
Les membres du groupe ont modélisé des outils visant à automatiser certaines pratiques rurales. Les propositions intègrent des mécanismes d’optimisation de la productivité des sols et des logiciels d’assistance technique destinés aux exploitants agricoles. La finalité consiste à doter le monde rural d’outils d’analyse de données pour anticiper les évolutions climatiques ou économiques.
Trois projets primés
Au terme du processus de sélection, le jury a attribué trois récompenses financières aux concepts retenus. Le projet «GaiaEye» a remporté le Grand Prix d’excellence régionale, assorti d’une enveloppe de 25.000 dirhams. La proposition «Audacity» a décroché le prix de l’Innovation et de la créativité avec un montant de 15.000 dirhams.
L’équipe du projet «TechTeam» a reçu, quant à elle, le troisième prix doté de 10.000 dirhams, une distinction valorisant l’impact territorial et l’utilité publique de l’application. La clôture de l’étape de Fès marque le point de départ d’un nouveau cycle d’accompagnement étatique. Le ministère de tutelle mettra en place un dispositif de mentorat et organisera des phases de test grandeur nature pour les lauréats.
Les équipes gagnantes profiteront également d’une mise en relation directe avec un réseau de partenaires issus des secteurs public et privé. Les prototypes validés auront l’opportunité d’être exposés lors de rencontres technologiques internationales, à l’instar du salon GITEX. La feuille de route gouvernementale vise à transformer l’intelligence artificielle en un levier de modernisation des administrations et des petites et moyennes entreprises.
12 régions intégrées dans la stratégie d’innovation
Lors de la clôture nationale du programme, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté le bilan global du déploiement territorial. Le programme a permis l’organisation simultanée des compétitions au sein des douze régions du Royaume pendant le mois de Ramadan.
La politique menée découle directement des recommandations formulées lors de la rencontre nationale sur l’intelligence artificielle. Les actions programmées incluent l’accélération de la transition technologique, le développement de centres de données et la mise en place d’un cadre éthique pour réguler les algorithmes.
Le plan d’action s’oriente vers un modèle de production destiné prioritairement à l’exportation des solutions numériques. Le ministère prévoit un encadrement continu des équipes retenues localement à travers des structures d’incubation. Le but recherché est d’ériger le Maroc en pôle continental de l’économie du savoir.
Mehdi Idrissi / Les Inspirations ÉCO
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