À la une de la presse, ce mercredi 14 janvier, la poursuite de la répression en Iran, où internet est toujours coupé et où l’ampleur exacte des massacres commis par le régime reste inconnue. Les élections générales de demain en Ouganda, le prix de la « pire tyran » remis à la présidente de la Tanzanie. Le Maroc en demi-finale de la CAN. Et un enfant Jésus controversé en Allemagne.
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À la une de la presse, la poursuite de la répression en Iran, où internet est toujours coupé.
Alors que des Iraniens de la diaspora ont enfin pu contacter, hier, leurs proches par téléphone pour la première fois depuis cinq jours, l’ampleur exacte de la répression reste inconnue. The Independent, quotidien britannique, comme plusieurs médias, parle de « plus de 2 000 morts » – un chiffre de l’organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, que le président Trump dit ne pas pouvoir confirmer tout en indiquant qu’il « pourrait être assez considérable ».
Iran International, site d’opposition basé à l’étranger, affirme qu’au moins 12 000 personnes auraient été tuées, principalement durant les nuits de jeudi et vendredi. Dans des messages transmis au Guardian, lundi, trois médecins de Téhéran décrivent des hôpitaux et des services d’urgence « débordés par l’afflux de manifestants blessés par balles », avec des blessures « principalement concentrées aux yeux et à la tête », « une tactique déjà utilisée contre les manifestants de « Femme, Vie, Liberté », en 2022″, selon des ONG de défense des droits humains. Du côté de la presse officielle, il n’est question que des manifestations pro-régime. « Game over » : dans Tehran Times, Ali Khamenei « remercie le peuple iranien pour sa démonstration massive d’unité après les émeutes fomentées par les États-Unis ».
Black-out aussi en Ouganda, où l’accès à internet a été coupé hier, pour une durée indéterminée, avant les élections générales de demain. The Daily Monitor rappelle que le pays avait déjà bloqué l’accès à internet lors de la précédente présidentielle de 2021. Un black-out de près de quatre jours, qui aurait coûté près de 100 millions d’euros à l’Ouganda, selon certaines estimations. D’après le quotidien ougandais, ce nouveau blocage a été justifié par la nécessité d’empêcher « la désinformation en ligne, la fraude électorale et l’incitation à la violence ». Sauf immense surprise, le président Yoweri Museveni, 81 ans, au pouvoir depuis 40 ans, devrait être reconduit. « Une performance qui le place sur le podium des dirigeants africains encore en exercice ayant passé le plus de temps sur le trône », ironise Jeune Afrique. D’après le magazine, le principal opposant du président ougandais, Bobi Wine, « ne semble guère se faire d’illusion » sur l’issue du scrutin, « accusant régulièrement le pouvoir en place de virage autoritaire et de fraudes électorales ».
Alors que les élections demain se tiennent dans un climat de « répression et d’intimidation » généralisées », selon l’ONU, The Independent, autre quotidien ougandais met en garde le chef de l’État contre le risque d’une nouvelle mobilisation de la jeunesse face à ce qu’elle perçoit « comme une léthargie » du pouvoir et face aux « scandales de corruption à répétition » qui avaient déjà déclenché des manifestations de 2024, à un moment où s’amorce aussi « une succession politique potentiellement difficile ».
Le président ougandais sur le podium de longévité des dirigeants africains, et la présidente de la Tanzanie désignée « tyran de l’année » par une ONG britannique. Le Monde rapporte que ce prix satirique a été décerné à Samia Suluhu Hassan par l’organisation Index on Censorship, il y a quelques jours, pour « dénoncer la répression lors de la présidentielle et les attaques à la liberté d’expression ». Le quotidien rappelle que le scrutin d’octobre dernier avait été remporté avec un score soviétique, plus de 97 %, par Samia Suluhu Hassan, sur fond de « répression sanglante ». Pour dénoncer le musellement de l’opposition, des milliers de personnes avaient manifesté le jour du vote, avant d’être arrêtées, blessées, parfois tuées par les forces de l’ordre. D’après Le Monde, le bilan de cette répression, « difficile à établir, fait état de 800 à 2 000 victimes en trois jours ».
On reste en Afrique avec la CAN. Rendez-vous aujourd’hui pour les deux demi-finales, Sénégal-Égypte et Nigeria-Maroc. Pays organisateur, et sans victoire depuis 50 ans dans la compétition, le Maroc « retient son souffle ». Le Parisien/Aujourd’hui en France raconte que le rendez-vous de ce soir face aux Super Eagles « tient en haleine le Maroc tout entier ». Le journal marocain Le Matin fait état de « scènes de liesse visibles » à-travers tout le pays, mais d’après le journal, « la performance remarquable des Lions de l’Atlas n’est pas le seul motif de fierté des Marocains », particulièrement satisfaits de « la qualité de l’organisation et [des] éloges qu’elle suscite partout dans le monde ».
De son côté El Pais, le quotidien espagnol, annonce qu’après avoir donné le coup d’envoi de la compétition, le prince héritier du Maroc, Moulay Hassan remettra également le trophée de cette CAN au vainqueur en l’absence de son père, Mohammed VI, absent de tout événement officiel depuis plus de deux mois. « L’invisibilité du monarque alaouite durant cette compétition, longue séquence de soft power », n’a pas non plus échappé au Monde, qui indique qu’un communiqué, publié samedi, explique cette absence par des douleurs au dos. Selon Pierre Vermeren, prof d’histoire du Maghreb contemporain, ce bulletin de santé actant l’absence du roi « s’inscrit dans un narratif très maîtrisé » : « Depuis près de deux ans, Moulay Al-Hassan est mis en avant pour que tout le monde sache que Mohammed VI a un héritier. Mais la monarchie n’est pas prête à lui donner des responsabilités politiques. La CAN lui offre un rôle purement honorifique. »
À propos de rôle, un mot, pour terminer, d’une représentation qui n’en finit pas de provoquer la polémique en Allemagne. The Guardian raconte que la retransmission par l’ARD, la télé publique allemande, d’une messe de Noël, a provoqué un énorme débat à cause d’une curieuse représentation de Jésus. Lors de la célébration, dans une église de Stuttgart, un adulte allongé sur un tas de paille figurait l’enfant Jésus, le corps entièrement recouvert de pâte de riz gluant pour figurer le placenta du nouveau-né, l’obligeant d’ailleurs à respirer à l’aide d’une paille. Selon l’artiste l’ayant conçue, l’installation visait à symboliser « un moment d’incertitude, entre sécurité et détresse », mais pour plusieurs médias de droite, qui militent depuis des années contre l’audiovisuel public, cette mise en scène était avant tout « irrespectueuse » vis-à-vis des fidèles. Après trois semaines de critiques croissantes et de moqueries en ligne, le diocèse de Rottenburg-Stuttgart a reconnu lundi que « tout ne s’était pas déroulé comme prévu ». Les voies du Seigneur, dit-on, sont impénétrables.
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