Photo COURRIER INTERNATIONAL

Le quotidien installé à Luanda O País affiche une mosaïque de photographies à la une du son édition du 1er août : on y voit des magasins pillés, des vitrines brisées, des véhicules dévorés par les flammes. Apparaît également une série de portraits, que l’on imagine être ceux de victimes des troubles qui agitent l’Angola ces derniers jours. “Émeutes et vandalisme. Voilà le résultat de la grève…”, titre le journal.

Les lundi 28, mardi 29 et mercredi 30 juillet, le pays a connu une vague de violences inédite. Une grève lancée par les chauffeurs de taxi, qui protestaient contre la baisse des subventions publiques sur le carburant, a fait boule de neige et a débouché sur des manifestations d’ampleur. Celles-ci n’ont pas été circonscrites à la capitale, Luanda, mais se sont propagées à l’intérieur du pays. Selon le bilan officiel, au moins 22 personnes sont mortes, parmi lesquelles un policier. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Homem, a également fait état d’environ 200 blessés et de plus de 1 200 arrestations.

Tirs à bout portant

“Caop B [dans la périphérie de Luanda] est l’un des quartiers où des personnes sont mortes après l’intervention de la police durant les trois jours de grève des taxis : parmi elles, une mère de six enfants et son aîné de 14 ans, qu’elle tentait de mettre à l’abri des tirs. Selon des témoignages, des balles ont été tirées à bout portant et ont touché des personnes sans lien avec les actes de vandalisme qui avaient lieu dans le quartier, et certains dénoncent un recours excessif à la force”, écrit O País.

Un semblant de retour à la normale a été constaté jeudi 31 juillet. Le même jour, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a réclamé l’ouverture d’une enquête. La police est soupçonnée d’avoir recouru à la force de façon excessive, possiblement par des tirs à balles réelles et l’usage de gaz lacrymogènes.

Dans un autre article, le quotidien ajoute : “Cette vague de violences […] vient ternir l’image internationale de l’Angola, estiment des représentants de la société civile. Selon eux, la ‘répression policière’, le nombre de morts et les villes en proie au chaos dans plusieurs provinces témoignent d’un État angolais incapable d’assurer la sécurité, de maintenir le dialogue avec sa population et de respecter les droits humains.”