Des problèmes techniques ont perturbé jeudi les opérations de vote pour les élections présidentielle et législatives en Ouganda, où internet est toujours bloqué, faisant craindre de potentielles fraudes.
L’opposition voit dans ces problèmes techniques un acte « délibéré » pour garantir la victoire de Yoweri Museveni, 81 ans dont 40 au pouvoir. La population n’a pas accès au réseau internet, coupé depuis mardi par les autorités. Un important dispositif sécuritaire a en outre été mis en place à travers le pays.
Le principal adversaire de Yoweri Museveni est l’ancien chanteur de raggamuffin devenu homme politique Bobi Wine, 43 ans, qui se présente comme le « président du ghetto », en référence à son quartier natal situé dans un des bidonvilles de la capitale Kampala.
Après avoir voté, encadré d’un important dispositif sécuritaire et d’une foule de supporters, Bobi Wine – de son vrai nom Robert Kyagulanyi – a pointé du doigt les problèmes techniques du jour « parmi d’autres irrégularités ».
Bobi Wine, chanteur, activiste et candidat à la dernière élection présidentielle ougandaise. [Keystone – Salvatore Di Nolfi] Problème avec les machines biométriques
Sur X, il a accusé le gouvernement de « bourrage massif des urnes » et d’avoir arrêté des cadres de son parti à la faveur de la coupure d’internet. Ces informations n’ont pas pu être vérifiée par l’AFP.
Le président Museveni a de son côté accusé jeudi l’opposition d’avoir « bourré les urnes » lors de l’élection de 2021, qu’il a affirmé avoir remporté à « plus de 70% » et non avec 58% des suffrages, comme l’avait déclaré la commission électorale.
Concernant le scrutin de jeudi, il a reconnu que les machines biométriques censées vérifier l’identité des votants connaissaient des difficultés qui ne l’ont pas épargné.
Des accrocs techniques « délibérés »
En milieu de matinée, des journalistes de l’AFP avaient constaté que certains électeurs votaient finalement après une longue attente. De nombreux bureaux de vote ont dû recourir à une vérification manuelle de l’identité des électeurs.
Ces accrocs techniques – potentiellement liés au blocage d’internet – sont « délibérés », s’est indigné David Lewis Rubongoya, secrétaire général de la Plateforme d’unité nationale (NUP) de Bobi Wine, martelant que des « voyous » aux ordres de l’Etat ont en outre été « déployés (…) partout » dans la capitale pour dissuader les électeurs de se mobiliser pour l’opposant.
Nombre d’observateurs voient dans le scrutin une formalité pour le président Museveni, ex-guérillo âgé de 81 ans qui contrôle totalement l’appareil électoral et sécuritaire. Le vote se déroule dans un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées », a pointé l’ONU.
afp/hkr