La méthode Coué ne sera sans doute pas suffisante pour redresser la barre. Confrontés à la chute du marché automobile en Europe, et en France en particulier, à la concurrence toujours plus pressante des constructeurs chinois emmenée par BYD et MG, et à une transition vers l’électrique qui a rebattu totalement les équilibres établis, les « legacy » broient du noir.

Dans un contexte commercial peu porteur, les firmes européennes ont été rattrapées par la réalité d’un marché, passé de 15 millions d’immatriculations en 2019, à moins de 11 millions l’an dernier.

Volkswagen Group face à un double enjeu technologie

La déroute a viré au psychodrame outre-Rhin. Il faut rappeler que l’automobile représente un pilier de l’économie allemande. En première ligne de ce krach historique, le groupe Volkswagen va supprimer 50 000 emplois en Allemagne d’ici 2030. Cette décision fait suite à une baisse de 44 % de ses bénéfices enregistrés l’an dernier, soit le plus fort recul depuis 10 ans et le scandale du Dieselgate.

Cette situation s’explique par les droits de douane américains, la concurrence chinoise et les coûts de la transition vers les véhicules électriques, soulignent les analystes. Le bénéfice de Porsche s’effondrant littéralement de 98%.

Le groupe allemand anticipe une légère reprise de sa marge en 2026, comprise entre 4 % et 5,5 %, avec une croissance du chiffre d’affaires attendue entre 0 % et 3 %. Le constructeur mise sur des mesures de réduction des coûts pour retrouver de la compétitivité sur un marché mondial devenu pluri-technologique, partagé entre les motorisations thermiques aux Etats-Unis, et électriques en Europe. Cette situation promet de mettre sous tensions les capacités financières et de développement des constructeurs.

Renault veut réduire ses coûts

Face à ce nouveau paradigme, le groupe Renault se lance dans une vaste stratégie de réduction des coûts. Rappelons que l’an dernier, le constructeur n’a pas échappé à un déficit net de 10,9 milliards d’euros. Outre la baisse de la valeur boursière de son ex-partenaire Nissan, le résultat hors-Nissan et la marge opérationnelle ont décroché aussi. Résultat, la capitalisation de l’entreprise est inférieure à 9,4 milliards d’euros. Soit la plus faible des grands constructeurs automobiles mondiaux !

Dès lors, l’ambition du groupe est de réduire ses coûts de 400 euros par an et par véhicule. Son directeur général François Provost, vise également une baisse de 30% du temps de développement des véhicules (déjà tombé à 21 mois sur la nouvelle Twingo E-Tech) et des délais de fabrication, ainsi que du nombre de composants. Et d’avancer une réduction de 40% du coût des véhicules électriques.

Une cure d’austérité qui devrait toucher par ailleurs, les coûts de distribution appelés à être réduits de 20%. Une décision qui semble créer déjà des vagues dans le réseau.

Stellantis s’en remet à ses alliés chinois

De son côté, engagé dans une opération de remise à plat globale de sa stratégie sur l’électrique, Stellantis a replacé les moteurs thermiques au centre du jeu. Mais le groupe pourrait s’appuyer également sur son partenaire chinois Leapmotor, pour accélérer sa reprise. Le constructeur chinois a indiqué « explorer activement » des possibilités de coopération avec le propriétaire de Peugeot. Et de préciser que certains projets étaient entrés dans des « négociation avancées ».

En parallèle, selon le cabinet Bloomberg, les dirigeants de Stellantis auraient engagé des pourparlers avec les groupes chinois Xiaomi et Xpeng en vue d’étudier des options de restructuration de ses installations en Europe, tout en évoquant l’avenir de Maserati, entre autres.