Le storytelling de Kaylia Nemour fait-il rêver certains gymnastes binationaux ? S’ils ne le présentent pas comme ça, plusieurs athlètes franco-algériens ont, derrière elle, également choisi de représenter les couleurs de l’Algérie, à l’image d’Adam Cogat en 2024, de Louna Hamames-Moallic en juin 2025, ou, encore, tout récemment en mars 2026, de Lena Khenoun. Des démarches qui suscitent des interrogations dans le milieu gymnique, certains pensant que la Fédération algérienne tente de récupérer des athlètes à la France pour combler le trou générationnel dans l’équipe senior féminine.

Des on-dit complètement faux, assure Nadia Massé, coache de la championne olympique Kaylia Nemour, et engagée depuis 2018 à titre bénévole dans le développement de la gymnastique algérienne auprès de l’entraîneur national, Saad Eddine Hamissi. On ira jamais chercher quelqu’un de nous-même. De toute façon, si on veut que le projet aboutisse, et que les athlètes soient épanouis dans ce projet-là, il faut forcément que ça vienne d’eux. Cela doit être une motivation positive. Il n’y a pas le discours : « Je vais en Algérie parce que je suis contre la France ». Ça, ce n’est pas possible, tranche la Franco-algérienne, un brin agacée par les critiques qui fusent de toutes parts dès qu’un athlète binational opte pour l’Algérie.

Inexistante sur la carte de la gymnastique mondiale avant l’arrivée de Kaylia Nemour, l’Algérie avait pourtant déjà accueilli des gymnastes binationaux dans le passé. On peut notamment citer les noms de Farah Boufadene, de Janna Mouffok ou encore de Sofia Nair. Les changements de nationalité sportive entre la France et l’Algérie, ça a toujours existé parce qu’il y a quand même une grosse histoire entre les deux pays avec 132 ans de colonisation, rappelle Nadia Massé. Mais avec la montée du Rassemblement National (RN), il y a beaucoup plus de racisme en France et des gens profitent de ces changements de nationalité sportive pour cracher sur l’Algérie, trouve l’ancienne coache de l’équipe de France junior, rappelant que l’histoire rocambolesque de Kaylia Nemour médiatise aussi le fait qu’il y en ait d’autres.

Si la championne olympique (2024)…