+ 0,35 centime : telle est l’augmentation du prix du litre de diesel à la pompe en France en un peu moins de trois semaines. Le gazole s’achète à 2,07 euros le litre, selon une moyenne arrêtée à 11 h 00 ce mardi et établie sur 9 500 stations-service du pays, contre 1,72 euro avant le début de l’opération militaire américano-israélienne en Iran, le 28 février. Soit une progression de plus de 20 %.

Si l’essence n’a pas encore franchi le seuil symbolique des deux euros le litre, elle s’en approche fortement. Le litre de SP98 le frôle, à 1,99 euro, en hausse de 16 centimes en moyenne (+9 %) par rapport au début du conflit. Quant au litre de SP95-E10, l’essence la plus consommée par les Français, il s’affiche à 1,91 euro en moyenne, soit un bond de 19 centimes au litre (+11 %).

La hausse des prix des carburants en France depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.La hausse des prix des carburants en France depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune)

La France dans la fourchette haute de l’Europe

Les prix à la pompe dans les stations françaises figurent parmi les plus élevés des autres pays membres de l’Union européenne, d’après les données du dernier bilan hebdomadaire de la Commission européenne, arrêtées au 9 mars.

À cette date, le litre de SP95 s’affichait à 1,84 euro en France et celui du gazole à 1,95 euro, au-dessus de la moyenne des Vingt-Sept établie à 1,77 euro pour le SP95 et 1,86 euro pour le gazole.

La barre des deux euros avait déjà été franchie pour ces deux carburants au Danemark, en Allemagne et aux Pays-Bas. C’est dans ce dernier qu’ils étaient au plus haut niveau : 2,17 euros le litre de SP95 et 2,26 euros celui du gazole.

A contrario, certains pays de l’est de l’Europe profitent de prix que les Français n’ont plus côtoyés depuis des mois, voire plusieurs années. En Bulgarie, Slovénie, Slovaquie, Malte et Chypre, le litre de diesel comme de SP95 coûte entre 1,20 et 1,50 euro.

Ces pays, dont le niveau de vie des habitants est moins élevé qu’en France, ne sont toutefois pas épargnés par la hausse des prix des carburants. En Bulgarie, le gouvernement a d’ailleurs annoncé lundi débloquer une aide financière pour les ménages les plus précaires tant que les prix resteront élevés en raison du conflit au Proche-Orient.

Très chères taxes

Comment expliquer cette différence de prix entre les Vingt-Sept alors que tous payent le baril au même tarif ? Tout est une question de coûts, mais aussi de divergences de taxes imposées sur les carburants par les États. « Le prix à la pompe est fixé par chaque distributeur en fonction de quatre paramètres principaux : le coût du pétrole et de son raffinage, le coût de son transport, la marge du distributeur et enfin les taxes nationales. Chaque paramètre influe sur la différence des prix à la pompe entre les distributeurs et entre les pays », rappelle le média Toute l’Europe.

En France, le coût des matières premières représente environ 30 % du litre de carburant et le coût de distribution de 15 à 20 %. Le reste, de 50 à 55 %, se compose de taxes (TVA et droit d’accise sur les produits pétroliers), selon l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Ce haut niveau de taxe figure parmi les plus élevés des membres de l’UE.

Pourquoi le prix du gazole est-il bien plus élevé que celui de l’essence ?
Le litre d’essence est d’ordinaire plus élevé que celui du gazole, l’une des taxes appliquées, le droit d’accise, étant supérieur. Elle est en effet actuellement fixée à 61 centimes par litre pour le diesel et 69 centimes pour le SP95.

Cette tendance s’est inversée depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Cela s’explique par l’accumulation de plusieurs facteurs, comme le rappelle le quotidien La Voix du Nord. À savoir des difficultés d’approvisionnement, d’une part, l’Europe important 40 % de son gazole depuis le détroit d’Ormuz, bloqué depuis plusieurs jours. À cela s’ajoute une demande plus élevée en diesel qu’en essence et le fait que ce carburant est plus cher à produire car il nécessite plus de raffinage.