Le gouvernement ghanéen réfléchit actuellement à la possibilité d’interdire les importations de bouteilles de gaz domestique, généralement utilisées pour la cuisine. L’annonce a été faite par le ministre de l’Énergie et de la Transition verte John Abdulai Jinapor, qui s’exprimait lors d’une séance au Parlement la semaine dernière.
Une politique de contenu local
Selon les détails relayés par plusieurs médias locaux, cette démarche permettrait de réserver ce marché aux fabricants installés dans le pays, dans le cadre d’une politique plus large de contenu local. L’idée est de renforcer la capacité industrielle nationale tout en accompagnant la montée de l’usage du gaz de pétrole liquéfié (GPL) comme solution de cuisson plus propre dans les ménages. Positionnée sur ces projections, la Ghana Cylinder Manufacturing Company (GCMC), seule usine publique spécialisée dans la fabrication de bouteilles de gaz.
Selon M. Jinapor, le gouvernement travaille à la modernisation et au rééquipement de cette entreprise, afin qu’elle puisse répondre à la demande domestique. Les travaux de réhabilitation de l’usine nécessiteront environ 8 millions USD (environ 6,9 millions d’euros), dont près de 6 millions (environ 5,2 millions d’euros) sont déjà mobilisés.
Le GPL au cœur de la stratégie de cuisson propre
L’initiative d’Accra s’inscrit dans un contexte où la promotion du GPL est devenue un axe majeur de la politique énergétique et climatique du pays. Le gouvernement a lancé en novembre 2025 un programme national de promotion du combustible, qui vise à accroître fortement la part des foyers qui l’utilisent et à faciliter l’accès aux équipements (cuisinières, bouteilles, etc.) et aux services de remplissage. Appuyée par la Banque mondiale, l’initiative prévoit dans une première phase, la distribution de 457 000 réchauds à gaz sur l’ensemble du territoire d’ici deux ans, pour accélérer la substitution du bois de chauffe et du charbon, encore utilisés par plus de 70 % des ménages ghanéens.
Sur un autre plan, l’exécutif s’appuie sur la montée en puissance des opérateurs privés et publics du secteur. GOIL, principal distributeur de produits pétroliers du pays, a annoncé en octobre 2025 un objectif d’investissement d’environ 50 millions USD (environ 43,3 millions d’euros) pour augmenter ses capacités de stockage et de distribution de GPL, via un projet d’ajout d’environ 12 000 tonnes de capacité de stockage sur un an. Plus tôt en mars, le gouvernement a approuvé la construction d’une deuxième usine de traitement du gaz, destinée à compléter l’actuelle installation d’Atuabo, dans l’ouest du pays.
Ce futur complexe qui doit traiter environ 150 millions de pieds cubes standards de gaz par jour, doit permettre d’augmenter significativement l’offre de GPL sur le marché domestique. De son côté, la société NewGas Cylinder Bottling Limited, spécialisée dans la mise à disposition de bouteilles et services GPL, a obtenu un financement de 18,2 millions USD (environ 15,8 millions d’euros) auprès de fonds internationaux (Africa Go Green Fund et Spark+ Africa Fund) pour déployer une usine d’embouteillage dans la ville de Tema.
Pour rappel, dans le cadre de son Pacte national de l’énergie dévoilé en décembre 2024, le gouvernement ghanéen veut faire passer l’accès aux solutions de cuisson propre de 36,9 % à 50 % d’ici 2030. Cette feuille de route comprend un programme dédié aux foyers améliorés, qui veut déployer 5 millions de cuisinières modernes (biomasse améliorée, GPL et électriques) d’ici 2030, au bénéfice des cantines, des écoles et des ménages en zones rurales, périurbaines et urbaines.