British International Investment et Deutsche Bank ont conclu un accord pour le lancement d’un programme de 150 millions USD (environ 130 millions d’euros) destiné à faciliter le financement du commerce dans plusieurs marchés où l’accès au crédit reste limité pour les entreprises. L’institution britannique de financement du développement et la banque allemande ont annoncé l’initiative le lundi 16 mars.

Un mécanisme pour débloquer le financement du commerce

Le partenariat repose sur un dispositif de partage des risques qui permet à Deutsche Bank d’augmenter ses engagements dans des marchés où elle interviendrait autrement de manière plus limitée. Concrètement, British International Investment prend en charge une partie du risque associé aux opérations, ce qui facilite l’octroi de financements à des institutions financières locales.

Ces dernières pourront ainsi proposer davantage de crédits à court terme à leurs clients, notamment pour financer des importations de biens essentiels ou d’équipements productifs comme des machines. Ce type de financement, généralement de courte durée et renouvelable, est au cœur du fonctionnement des échanges commerciaux internationaux.

Le programme s’appuie sur le réseau de Deutsche Bank, qui collabore avec des institutions financières dans plus de 40 pays africains. Il cible en priorité des économies considérées comme plus risquées ou moins accessibles, y compris parmi les pays les moins avancés. Le communiqué publié par les deux institutions mentionne notamment des pays comme la Zambie, l’Éthiopie ou le Rwanda.

« Ce partenariat renforce notre capacité de partage des risques et consolide notre aptitude à faciliter des transactions transfrontalières durables à travers l’ensemble du marché africain. En combinant notre plateforme mondiale avec le mandat de développement et l’expertise régionale de BII, nous visons à débloquer des flux commerciaux plus importants vers le continent », a déclaré Deutsche Bank.

De son côté, British International Investment estime que « l’élargissement de l’accès contribuera à construire un écosystème plus résilient et à débloquer des opportunités économiques à travers l’Afrique ».

Un commerce freiné par des contraintes de financement

Cette initiative survient alors que le déficit de financement du commerce reste un frein majeur au développement des échanges sur le continent. Le déficit est estimé à environ 100 milliards USD (environ 86,7 milliards d’euros) par an selon Afreximbank, et touche particulièrement les économies perçues comme les plus risquées.

Si les dispositifs comme celui mis en place par British International Investment et Deutsche Bank apportent une réponse ciblée en atténuant une partie du risque associé à ces marchés, ils ne règlent pas l’ensemble des contraintes. Leur impact dépendra aussi de la manière dont les banques locales évaluent les risques liés à ces opérations, ainsi que de l’accès effectif des entreprises, en particulier les plus petites, à ces financements.

Dans de nombreux pays, les sociétés se heurtent encore à des exigences élevées en matière de garanties, à des difficultés à constituer des dossiers de financement solides ou encore à un accès limité aux devises nécessaires pour les transactions internationales. Selon l’Organisation mondiale du commerce, les demandes de financement sont plus fréquemment rejetées en Afrique, en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui restent largement exclues du commerce international.

À plus long terme, la question reste donc de savoir si ce type d’initiative pourra transformer durablement l’accès au financement du commerce, ou si ses effets resteront limités face à des contraintes structurelles persistantes.