Le chef de l’État angolais, également président en exercice de l’Union africaine, a reçu le 14 janvier à Luanda une délégation de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco). Au cœur des échanges : la situation dans l’est de la RDC. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des entretiens récents entre João Lourenço et Félix Tshisekedi, dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour tenter de mettre fin au conflit armé. Peu d’informations filtrent, à ce stade, sur les intentions précises de Luanda dans cette nouvelle séquence. Mais, selon les informations de RFI, c’est la piste d’un dialogue inter-congolais qui commence à se dessiner.
Publié le : 15/01/2026 – 15:09Modifié le : 16/01/2026 – 08:44
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Ils se sont vus à deux reprises, mercredi, à Luanda. D’abord en fin de matinée, vers 11 heures. Un premier échange pour cerner les attentes. Selon les informations de RFI, João Lourenço a alors tenu à poser un cadre clair : il ne s’agit pas de remplacer les processus existants, ni Doha, ni Washington. L’Angola travaille plutôt sur un mécanisme complémentaire, un processus qui ne concernerait que les acteurs congolais.
Les discussions ont duré environ une heure. À leur issue, le président angolais a proposé aux religieux de poursuivre le travail avec son équipe, afin de définir les contours d’un agenda pour ce processus, un agenda voulu inclusif, intégrant l’ensemble des parties prenantes au conflit.
L’après-midi, les échanges se sont poursuivis. Les religieux et les délégués angolais ont travaillé ensemble, avant de remettre leur rapport à João Lourenço en début de soirée, toujours hier.
Une feuille de route discutée à Luanda
Selon plusieurs sources, un document, une sorte de feuille de route, a été discuté ces derniers jours à Luanda entre les évêques catholiques, les pasteurs protestants et des délégués de la présidence angolaise. Ce document fixe des propositions claires : des objectifs, des thématiques et une période indicative pour la suite du processus. Mais attention : la primeur de son contenu est réservée au président Félix Tshisekedi.
Plusieurs options sont aujourd’hui sur la table. La première : un dialogue à Luanda, avec des acteurs congolais, des représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile. Du côté angolais, on souhaite que ce processus national se tienne rapidement, dans un bref délai.
Mais il y a encore des préalables : des mesures de confiance, et des engagements clairs de la part des différentes parties. Le camp de l’ancien président Joseph Kabila, par exemple, estime qu’il faudrait d’abord aller au bout du processus de Doha, en concluant les six protocoles qui restent à négocier entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Justement, l’AFC/M23, de son côté, dit attendre encore une clarification de l’Angola sur la nature exacte de cette nouvelle initiative, avant de se positionner.
Quant à l’opposition non-armée basée à Kinshasa, elle ne s’est pas encore prononcée.
Enfin, du côté de la présidence congolaise, on insiste sur ce qui est présenté comme la priorité absolue : le retour attendu de Kigali et de l’AFC/M23 sur le respect du cessez-le-feu.
Une mission angolaise attendue à Kinshasa
Prochaine étape, selon les informations de RFI : une mission angolaise attendue à Kinshasa pour rencontrer le président Félix Tshisekedi et lui présenter les avancées de ces consultations.
Luanda prévoit également de partager ces éléments avec le médiateur désigné par l’Union africaine, le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, en amont de la réunion de haut-niveau prévue le 17 janvier à Lomé.
Une réunion qui doit rassembler des représentants du Qatar, des États-Unis, des co-facilitateurs de l’Union africaine, délégués de Kinshasa et de Kigali, autour de la cohérence et de la coordination des différents processus de paix dans la région des Grands Lacs.
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En décembre, la RDC et le Rwanda ont signé à Washington un accord de paix sous l’égide du président américain Donald Trump. Parallèlement au processus de Washington entre RDC et Rwanda, Kinshasa et le groupe politico-militaire AFC/M23 ont engagé des négociations séparées à Doha, au Qatar, qui ont abouti en juillet à une déclaration conjointe les engageant à un cessez-le-feu, mais qui n’a eu que peu d’effets sur le terrain où les combats ont continué. Les deux camps s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.