En Tanzanie, les appels à manifester lancés pour le jour de Nöel n’ont pas débouché sur une mobilisation d’ampleur jeudi 25 décembre. La contestation après la réélection de la présidente Suluhu Hassan semble s’essouffler. Après cette journée sous tension, les rues de Dar es Salaam sont restées globalement calmes, malgré une forte présence policière et quelques tentatives de remobilisation en soirée.
Publié le : 25/12/2025 – 23:59
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Dans les quartiers d’Ubungo, Kimara ou Mlimani, de la capitale Dar es Salam, où les organisateurs espéraient créer un effet de masse mercredi 25 décembre pour dénoncer les violences postélectorales, on a surtout vu de petits groupes de jeunes, rapidement dispersés, sous une surveillance policière étroite. La presse tanzanienne fait état de patrouilles renforcées dans plusieurs grandes villes de la Tanzanie.
Ce 25 décembre se voulait avant tout un acte de mémoire, pour rappeler les morts et réclamer vérité et justice. Mais ce calme apparent ne signifie pas pour autant que la contestation a disparu. Selon l’analyste Nicodemus Minde, elle a changé de forme depuis les grandes manifestations du 29 octobre. La répression et le contrôle de l’espace numérique ont freiné la mobilisation. « La stratégie est devenue beaucoup plus lente et étouffée », résume-t-il, évoquant la fermeture de comptes d’activistes influents et le déplacement des échanges vers des applications vocales comme Clubhouse.
Le pouvoir, lui, a choisi un registre apaisant. Dans son message de Noël, la présidente Samia Suluhu Hassan a appelé à préserver l’unité nationale et la stabilité du pays. En fin de journée, certains militants de la diaspora ont tenté tout de même de relancer la dynamique, mais au terme de cette journée très attendue, la contestation n’a pas réussi à s’installer dans la rue.
Les militants appellent désormais à un nouveau temps fort le premier janvier, dans l’espoir de relancer une mobilisation qui peine, pour l’instant, à prendre corps.
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