En Tunisie, le segment du solaire continue d’attirer les faveurs des investisseurs et des partenaires au développement. 

Selon des informations relayées par les médias locaux, un projet de centrale photovoltaïque de 130 MW, implanté dans la région de Gabès, a été retenu en février 2026 dans le cadre du « Joint Crediting Mechanism » (JCM). Ce mécanisme de coopération climatique mis en place par Tokyo pour soutenir des projets bas carbone dans des pays partenaires permet de cofinancer des installations réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en échange d’un partage des crédits carbone générés entre le Japon et le pays hôte.

Concrètement, le gouvernement japonais accordera une subvention pouvant atteindre 2 milliards de yens (environ 11 millions d’euros) destinée à couvrir une partie des coûts de construction de la centrale qui sera exploitée par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).

Le projet sera développé par le groupe japonais Marubeni, en partenariat avec une entreprise française dont le nom n’a pas encore été rendu public.

Un parc qui s’étoffe

L’initiative viendrait s’ajouter à une série de centrales photovoltaïques qui témoignent d’une montée en puissance progressive du solaire en Tunisie.

En mars 2026, une centrale de 60 MW à Sidi Bouzid, au centre du pays, est entrée en exploitation commerciale. Développée par le norvégien Scatec en partenariat avec Toyota Tsusho (via sa filiale Aeolus), elle vend l’électricité produite à la STEG dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) d’une durée de 30 ans, garantissant l’écoulement de la production et la rentabilité de l’investissement.​

Déjà en janvier 2026, le groupe Scatec annonçait la signature d’un PPA de 25 ans pour une centrale solaire de 120 MW à Tataouine, dans le sud-est du pays. Ce projet, d’un coût estimé à 80 millions d’euros, sera financé par une combinaison de dette sans recours et de fonds propres, avec l’entrée attendue de partenaires financiers à moyen terme.

En décembre 2025, le producteur indépendant d’énergies renouvelables AMEA Power a mis en service une centrale à Kairouan qui est la plus grande installation solaire du pays avec une production d’environ 222 GWh d’électricité par an.

Parallèlement à ces projets déjà déployés, d’autres unités sont prévues pour entrer en phase d’exploitation cette année en Tunisie. Entre autres à Tozeur, Scatec construit une centrale solaire de 60 MW dont la mise en service commerciale est attendue au cours du premier semestre 2026.

Des objectifs ambitieux dans le renouvelable en 2026

Le soutien japonais, le quatrième du genre au pays du Jasmin, est un nouveau coup de pouce pour les ambitions affichées par les autorités cette année dans le secteur des énergies renouvelables.

Le Haut comité pour la production privée d’électricité a validé, vers la fin décembre, un programme de mise en concurrence de plus de 2,3 GW de projets renouvelables à lancer en 2026, soit une fois et demie de plus que le portefeuille prévu entre 2023 et 2025 (1,7 GW).

Si selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), le pays est la troisième puissance dans ce secteur en Afrique du Nord avec une capacité totale de 1 086 MW en 2024, les autorités veulent encore accroître la contribution des énergies vertes dans les prochaines années.

L’objectif est de décarboner le secteur électrique, renforcer la sécurité énergétique et limiter la vulnérabilité du pays à la volatilité des prix du gaz importé, qui pèse lourdement sur les finances publiques et la balance commerciale. Le pays du Jasmin compte produire 35 % de son électricité à partir des énergies renouvelables d’ici 2030 et 50% à l’horizon 2035 contre moins de 5% aujourd’hui.