La musique du film « La Reine des neiges » raisonnait fort, jeudi 19 mars, dans la cour de l’école publique Marc-Chagall, à Plumelin (Morbihan). Les paroles, en revanche, ont été un peu modifiées. Libérée, retraitée ; après vingt ans à nous guider ; retraitée, délivrée ; mais on ne pourra pas t’oublier.

Sans Jeannine, ce ne sera plus pareil, s’exclame, jeudi 19 mars, Natacha Leroy-Binard, directrice de l’établissement, en regardant les élèves qui serrent dans leur bras Jeannine Audo. L’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles), qui a travaillé au sein de l’école pendant vingt ans, part à la retraite après une vie professionnelle bien remplie. J’ai d’abord travaillé dans la coiffure pendant vingt-deux années, à Locminé, où j’avais mon propre salon, explique-t-elle. Ensuite, pendant six ans, j’ai exercé comme institutrice à Dakar, au Sénégal, pays où je suis parti avec mon mari.

L’orgue de barbarie

Arrivée dans l’école Marc-Chagall en septembre 2006, après l’obtention de son CAP (Certificat d’aptitudes professionnelles) petite enfance, cette jeune retraitée a consacré une grande partie de sa carrière au service des enfants. En 2012, elle a obtenu son concours d’Atsem, venant officialiser un engagement déjà profondément ancré : celui d’accompagner les plus petits.

Jeannine est une personne franche, sans détour, drôle et sincère, la dépeint la directrice. Q ue dire de sa voix qui porte, qui capte l’attention de tous et fait résonner les couloirs de l’école ? Son départ laissera un grand vide dans notre quotidien. 

J’ai bien ri, je me suis éclatée avec les enfants, fait savoir Jeannine Audo, qui a offert une animation musicale. Un moment préparé avec son mari, Jean-Pierre Audo, parti à la retraite en septembre. On s’est trouvé, ensemble, un autre métier, sourit-elle. Comme cela faisait longtemps qu’on aimait l’orgue de Barbarie, on se lance dans des animations avec cet instrument. Pour les écoles, entre autres. L’occasion, peut-être, de revoir ses petits protégés.