Bastia (Corse), Olvia (Sardaigne), Minorque (Baléares), Nice… De nombreux vols Volotea programmés au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Brest, en avril et mai, ont été annulés, ces jours derniers, au motif de « l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient ». Dans un mail adressé aux passagers concernés, la compagnie aérienne espagnole « low cost » explique « avoir été contrainte d’apporter des ajustements » à son programme de vols afin de « garantir la stabilité de [ses] opérations à court terme et de maintenir un service fiable, tout en réduisant au maximum les perturbations ».

« Les avions au sol et les vacances s’envolent », résume Brice, sur la page Facebook du Télégramme. Le problème n’est pas tant, en soi, le montant engagé pour le trajet, Volotea proposant la modification des vols sans frais supplémentaires ou le remboursement intégral des billets. Mais, pour bien des familles qui avaient projeté de passer leurs vacances de Pâques sur l’île de Beauté ou sur la Côte d’Azur (notamment du côté de Nice, destination pour laquelle la compagnie ne propose plus aucun vol direct du 3 avril au 28 mai prochain), les réjouissances tombent à l’eau. Trop tard pour récupérer l’avance versée pour la location d’un meublé, d’une voiture… Quant aux vols alternatifs assurés par d’autres compagnies, ils sont – proximité de la date de départ oblige – hors de prix.

« Droit à une indemnisation forfaitaire »

Joyce Pitcher, avocate au barreau de Paris, spécialisée dans la défense des passagers aériens, réfute l’argument invoqué par Volotea pour modifier son plan de vols. « Une compagnie aérienne peut annuler des vols en raison de circonstances extraordinaires qui ne sont pas de son fait : mauvaises conditions météo susceptibles d’impacter la sécurité des vols, par exemple, ou mouvement de grève des contrôleurs aériens », expose la juriste. L’instabilité géopolitique au Moyen-Orient est, dit-elle, une circonstance extraordinaire qui peut justifier l’annulation d’un vol Paris-Tel-Aviv (Israël). « S’agissant de vols intérieurs ou dont la trajectoire est éloignée de la zone de conflit, le motif n’est, en revanche, pas recevable », estime-t-elle, ajoutant : « Selon moi, les passagers dont les vols ont été annulés ont droit à une indemnisation complémentaire au titre du règlement CE n°261-2004 de 250, 400 ou 600 euros par passager, selon la distance entre les aéroports de départ et d’arrivée. De quoi couvrir une partie du préjudice subi. »

L’automne dernier déjà

Fin octobre 2025, Volotea avait déjà supprimé, pour « raisons opérationnelles », 94 rotations hivernales (soit 188 vols) au départ et à destination de Brest (Londres, Barcelone, Rome, Marseille, Montpellier et Nice). Quinze jours plus tard, Gilles Josselin, responsable France de Volotea, avait justifié l’annulation de 810 vols à l’échelle nationale par « un taux de remplissage pas suffisant ». Les clients lésés ont eu le choix entre un remboursement de 100 %, ou un avoir de 120 % de la valeur du billet hors taxes. Mauvaise pioche pour ceux qui l’auront dépensé dans un aller-retour printanier pour la Cité des anges…