À Mbounk Mbabara, entre Diamniadio et Yenne, la nuit a pris des allures d’éternité. Sous un ciel complice, dans sa concession, l’artiste Baaba Maal a ravivé ce samedi 21 mars 2026, la flamme des traditions avec « Hiirdé Men Nder Galle Men », un concept à la fois intime et universel, enraciné dans la mémoire collective.
« Un peuple sans culture est un peuple sans mémoire ». Cette maxime, Baaba Maal l’incarne. Fidèle à lui-même, le roi du Yéla refuse les sirènes de l’oubli et choisit, avec lucidité, de rester ancré dans ses valeurs. À travers cette production de Nank TV, il offre bien plus qu’un spectacle : un retour aux sources, une reconnexion à l’essentiel.
Inspiré de ses débuts aux côtés de ses compagnons de toujours, « Hiirdé Men Nder Galle Men » recrée l’atmosphère chaleureuse des veillées halpulaar. Autour du feu, dans une proximité presque sacrée, se mêlent musique, partage de mets, thé et confidences. Une scène dépouillée, mais pleine d’âme, où chaque note résonne comme un souvenir retrouvé.
La nostalgie d’un âge d’or musical
Dans ce voyage dans le temps, Baaba Maal replonge son public dans les lendemains de Korité et de Tabaski d’antan. Ces moments où la communauté se retrouvait, vibrant au rythme du Yéla, du Wango et du Rippo. Des instants de communion qui ont marqué des générations et façonné l’agenda culturel africain.
Aujourd’hui, l’artiste en propose une version plus épurée, presque spirituelle. Un face-à-face sincère avec ses proches, ses amis et ses fidèles, où la musique devient langage de transmission et pont entre les époques.
Un message d’unité et d’espoir
Au-delà des sonorités envoûtantes, la parole de Baaba Maal s’est faite forte et nécessaire. Dans un monde traversé par les fractures, il a appelé à la tolérance, à l’écoute et au respect mutuel. Ses chansons, chargées de sens, rappellent à chacun l’importance d’un comportement exemplaire.
Dans un élan de spiritualité, l’artiste a également prié pour la paix et la cohésion, au Sénégal comme ailleurs, donnant à la soirée une dimension presque méditative.
Hommages et reconnaissance
La soirée a été marquée par une forte mobilisation des autorités locales, des élus et des personnalités de l’administration. Le maire de Yenne, Massamba Mbengue, accompagné d’une importante délégation, a rendu un hommage appuyé à l’artiste, saluant un lien profond et sincère qui les unit.
Le sous-préfet de l’arrondissement de Diamniadio, Ibrahima Diouf, ainsi que des représentants de la commune, ont également honoré de leur présence cet événement culturel d’exception. L’ancien Directeur général de l’Agence nationale de l’État civil, Aliou Ousmane Sall, par ailleurs adjoint au maire de Bokidiawé, a lui aussi, à l’instar de plusieurs autres personnalités, tenu à marquer son attachement à cette initiative
Touché par les témoignages des invités, Baaba Maal a exprimé sa gratitude, évoquant notamment les liens qui l’unissent à Podor, berceau du Festival des Blues du Fleuve, où il retrouve chaque année son public.
Mbounk Mbabara, carrefour d’émotions
Le temps d’une soirée, Mbounk Mbabara s’est transformé en un sanctuaire de culture et de mémoire. À mi-chemin entre Diamniadio et Yenne, ce lieu discret a accueilli une célébration rare, où passé et présent se sont enlacés avec élégance.
Avec « Hiirdé Men Nder Galle Men », Baaba Maal prouve, une fois de plus, que la modernité n’a de sens que lorsqu’elle dialogue avec la tradition. Et que dans le murmure des ancêtres se trouve, peut-être, la plus belle des musiques.
Djiby DEM & Abou Kane
laviesenegalaise.com
