Le Sénégal a levé 650 millions d’euros via des emprunts non rendus publics, alors que le pays fait face à une pression croissante sur ses finances et tente de renégocier un programme d’aide de 1,8 milliard USD avec le Fonds monétaire international (FMI), selon le Financial Times.

Dans sa parution de ce lundi 23 mars, le journal note que les financements ont été obtenus l’année dernière auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) et de la First Abu Dhabi Bank (FAB) au moyen d’instruments financiers complexes appelés total return swaps. Ces mécanismes permettent d’échanger des obligations d’État contre des liquidités immédiates, tout en donnant aux prêteurs une priorité sur d’autres créanciers en cas de défaut.

Les obligations mises en gage étaient libellées en franc CFA, d’une valeur supérieure aux liquidités reçues, offrant une protection importante aux prêteurs. Les deux accords courent jusqu’en 2028 et incluent des clauses pouvant entraîner des pénalités significatives si la notation de crédit du Sénégal ou sa capacité de remboursement se détériore.

Les finances du Sénégal se sont fragilisées après que la découverte de ces emprunts non divulgués a conduit le FMI à suspendre son plan de sauvetage et à bloquer l’accès du pays aux marchés obligataires internationaux. Le pays cherche actuellement à renégocier le programme de 1,8 milliard USD, mais les détails complets des échanges n’ont pas été communiqués à l’institution.

L’utilisation de ces swaps fait suite à un audit d’État en 2025 révélant que le Sénégal détenait au moins 7 milliards USD de dettes cachées sous un gouvernement précédent, portant sa dette publique à environ 132 % du produit intérieur brut, selon les estimations du FMI.

Ces développements soulignent les risques financiers croissants pour le Sénégal et la complexité des instruments utilisés pour lever rapidement des fonds, alors que l’accès aux marchés internationaux reste limité.