Répondant à une invitation d’IsraAID, deux anciens otages, Aviva et Keith Siegel, ont été accueillis au camp de réfugiés de Kakuma et dans les communautés environnantes du comté de Turkana, au Kenya, selon un communiqué de l’organisation.

Les deux anciens otages avaient été capturés au kibboutz Kfar Aza lors du pogrom commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Tous deux avaient tenté de quitter la communauté en voiture pour échapper aux assaillants qui, ce jour-là, s’étaient livrés à des atrocités sur le territoire israélien, tuant plus de 1 200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 251 personnes, qui avaient été prises en otage à Gaza. Arrêtés par les terroristes qui avaient pris d’assaut le kibboutz, ils avaient été capturés en emmenés à Gaza.

Aviva avait été relâchée lors d’une trêve d’une semaine, à la fin du mois de novembre 2023. Keith n’avait recouvré la liberté que le 1ᵉʳ février 2025.

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Le couple a depuis fait savoir qu’il avait pour projet de s’engager dans des missions d’aides humanitaires à l’international – et ce déplacement est entré dans le cadre d’une visite d’étude et d’information, a noté IsraAID, cette organisation humanitaire israélienne qui travaille actuellement dans douze pays du monde entier, intervenant dans des territoires en situation de crise. Ses actions sont variées, de l’accès à l’eau potable à la mise en place de services d’assainissement, avec un fort souci de santé publique. Le groupe met également l’accent sur l’hygiène, la santé mentale, le soutien psychologique, l’éducation ou la formation.

Au sein du camp de réfugiés de Kakuma et du camp intégré de Kalobeyei vivent actuellement plus de 300 000 réfugiés provenant de différents pays de la région – notamment du sud-Soudan, du Soudan, de la République démocratique du Congo, de Somalie et autres. Ils y côtoient la population locale de Turkana, une communauté pastorale qui est forte de plus de 100 000 personnes.

IsraAID travaille dans le camp de réfugiés de Kakuma et avec les communautés environnantes depuis 2014. Le territoire doit relever des défis extrêmes, avec un manque criant d’accès à l’eau potable, aux denrées alimentaires et aux services essentiels.

L’organisation humanitaire s’est réjouie de la venue des deux anciens captifs à travers la voix de son président, Yoram Polizer, qui a indiqué que le groupe était « honoré » de la visite d’Aviva et Keith Siegel : « Le dévouement dont Aviva et Keith font preuve pour donner un écho aux voix de ces personnes qui vivent l’une des crises les plus urgentes – mais aussi l’une des crises les plus négligées au monde – est une véritable source d’inspiration pour nous tous », a-t-il dit.

Au cours de leur visite, qui a eu lieu du 26 au 31 janvier, les Siegel se sont rendus dans des espaces où adolescents et jeunes adultes à risque sont mis en sécurité sur ces territoires de tous les dangers. Ils ont pu découvrir des points d’eau communautaires, des écoles et des sites de sensibilisation à la santé et à la nutrition. Ils ont rencontré des membres de l’équipe d’IsraAID Kenya, issus pour la plupart des communautés de réfugiés et d’accueil de Kakuma.

Le couple est venu dans le contexte de son nouvel intérêt pour l’engagement humanitaire.

« Pendant et après ma captivité, j’ai été étonné de voir combien de personnes se sont mobilisées pour ma libération et combien de personnes se sont souciées du sort qui m’était réservé », a commenté Keith lors de son séjour. « C’est ce qui m’a donné de l’espoir ».

« Aujourd’hui, je veux utiliser ma voix et ma plateforme pour amplifier celles des personnes qui vivent des situations humanitaires dévastatrices, comme ici à Kakuma, où des centaines de milliers de personnes survivent avec un seul repas par jour, avec un accès limité à l’eau potable et avec peu de perspectives d’une vie meilleure’, a-t-il continué.

Keith a noté avoir été frappé par l’ampleur de la crise – « mais aussi par le dévouement des humanitaires que nous avons rencontrés et par la différence réelle que fait l’équipe d’IsraAID ici », a-t-il poursuivi, mentionnant les systèmes d’approvisionnement en eau, l’identification des milliers de cas de malnutrition ou l’offre d’un espace sûr à des centaines de jeunes.


Keith Siegel, ancien otage du Hamas, au camp de réfugiés de Kakuma et dans les communautés environnantes du comté de Turkana, au Kenya. (Crédit : Lameck Ododo/IsraAID)

« La souffrance ne fait pas de distinction entre les personnes, tout comme l’espoir. Ensemble, nous pouvons mettre en lumière les crises humanitaires et inciter les gens du monde entier à agir », a-t-il ajouté.

Polizer, de son côté, a fait part de son espoir que cette venue des deux anciens otages puisse être « la première étape », a-t-il dit, d’une « nouvelle initiative internationale’ en faveur des « communautés qui vivent des situations de crise et d’urgence, à Kakuma et dans le monde entier ». Une mobilisation qui, en apportant une aide d’urgence, pourrait in-fine induire des changements durables », a-t-il continué.