Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a donné le coup d’envoi, le 17 mars denrier à Béjaïa, du projet d’exploitation et de valorisation de la mine de zinc et de plomb d’Amizour–Tala Hamza, qu’il a qualifié « d’événement historique », au regard de ses retombées attendues sur l’économie nationale.

« Ce projet constitue un signal fort et une nouvelle pierre dans le processus de relance de l’économie nationale hors hydrocarbures », a-t-il déclaré en marge de sa visite, soulignant qu’il permettra également « d’apporter une valeur ajoutée aux ressources que l’Algérie propose sur le marché international ».

Le gisement, dont les ressources géologiques sont estimées à près de 54 millions de tonnes, dont 34 millions exploitables, devrait produire chaque année environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb, selon le groupe public Sonarem. Pour son directeur général, Reda Belhadj, cette mine figure parmi « les plus importantes au monde ».

La production sera traitée localement afin de produire des concentrés, puis transformée en lingots. Le projet, exploité par la société Bejaia Zinc and Lead (BZL), associe deux entreprises publiques algériennes — l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux et des substances utiles (ENOF) et l’Office national de la recherche géologique et minière (ORGM) — à la compagnie minière australienne Terramin.

Lancé fin 2023, il mobilise un investissement estimé à 471 millions de dollars (406 millions d’euros). Il devrait générer près de 780 emplois directs et plusieurs milliers d’emplois indirects, tout en contribuant à couvrir une part importante de la demande nationale et à réduire les importations, avec des excédents destinés à l’exportation.

Une nouvelle étape dans la « renaissance minière » du pays 

Le lancement de cette mine s’inscrit dans une dynamique plus large de relance du secteur extractif en Algérie. Les autorités évoquent une véritable « renaissance minière », portée par l’entrée en exploitation de plusieurs projets structurants.

Après le démarrage de la mine de fer de Gara Djebilet, dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes, le projet de Béjaïa constitue une nouvelle étape dans la valorisation du potentiel minier national. À cela s’ajoute le développement du projet intégré de phosphate de Tébessa, qui vise à porter la production à 10 millions de tonnes par an et à positionner le pays comme un acteur majeur sur le marché des engrais.

Cette stratégie s’accompagne d’investissements dans les infrastructures, notamment la ligne ferroviaire minière Gara Djebilet–Béchar et l’extension du port d’Annaba, afin de structurer une chaîne logistique complète allant de l’extraction à l’exportation.

Repositionnement sur les marchés des matières premières 

Au-delà de l’effet d’annonce, ces projets traduisent une volonté de transformation du modèle économique, avec un accent mis sur la valorisation locale des ressources et le développement d’industries de transformation.

La mine de Béjaïa, avec une capacité de traitement intégrée et une production de concentrés estimée à environ 200 000 tonnes par an, illustre cette orientation vers une montée en gamme industrielle. Elle devrait également stimuler le tissu économique local, en mobilisant des sous-traitants, des PME et des start-up.

Dans ce contexte, les autorités ambitionnent de faire du secteur minier un pilier durable de croissance, en complément des hydrocarbures, en misant sur l’abondance des ressources et sur une meilleure structuration des chaînes de valeur.

Si cette stratégie reste encore en phase de déploiement, l’accélération simultanée des projets miniers et des infrastructures associées pourrait marquer un tournant dans le positionnement économique de l’Algérie à moyen terme.