Le Japon renforce son engagement financier dans le projet Platreef en Afrique du Sud pour accompagner son agrandissement afin qu’il produise davantage de métaux dont ses industries ont besoin. L’investissement est porté par plusieurs entités, dont le géant industriel et commercial Itochu, ainsi que JOGMEC, l’organisme public chargé de sécuriser l’approvisionnement en ressources minérales.
Dans un communiqué publié sur son site le 23 mars, Itochu a annoncé, sans en préciser le montant, vouloir mettre de nouveaux capitaux à disposition d’ITC Platinum Development, un consortium qui détient une participation directe dans la mine sud-africaine. Le consortium, qui regroupe JOGMEC et plusieurs autres partenaires, détient 8% d’intérêts dans la mine, alors que le groupe Itochu en possède individuellement 2%.
Selon Reuters, Itochu n’est pas le seul membre du consortium à mettre plus d’argent, puisque JOGMEC a aussi annoncé lundi un investissement de 89,4 millions USD (environ 77,1 millions d’euros).
Une grande mine polymétallique
Située dans la province du Limpopo, au nord-est de l’Afrique du Sud, la mine Platreef est développée par la société canadienne Ivanhoe Mines, qui en détient la majorité du capital. Le reste est partagé entre un partenaire sud-africain et les intérêts japonais.
L’exploitation commerciale a débuté en novembre 2025, après plusieurs années de développement. Le site extrait plusieurs métaux à la fois, ce qui en fait une mine dite « polymétallique ». Elle produit notamment du platine et du palladium, utilisés dans les systèmes de dépollution des véhicules, mais aussi du nickel et du cuivre, essentiels dans les batteries et les réseaux électriques.
La mine fournit environ 100 000 onces de métaux du groupe du platine par an, ainsi que des quantités plus modestes de nickel et de cuivre. Mais ces chiffres doivent fortement augmenter. La deuxième phase du projet doit multiplier la production par plus de quatre, avec un objectif d’environ 450 000 onces de métaux du groupe du platine par an, accompagnées de volumes accrus de nickel et de cuivre.
« Les métaux du groupe du platine, ainsi que le nickel, l’or et le cuivre produits par la mine, sont des matières essentielles pour de nombreuses industries. Itochu dispose de droits d’achat sur la production de la mine, proportionnels à sa participation, et entend ainsi contribuer à sécuriser l’approvisionnement du Japon en métaux critiques », a déclaré l’entreprise lundi.
Une présence japonaise qui s’étend progressivement
La participation japonaise à ce projet s’inscrit dans un mouvement engagé depuis plusieurs années. Comme l’Europe ou les États-Unis, Tokyo multiplie les efforts pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en métaux critiques essentiels pour ses industries.
Le Japon, qui importe la majeure partie de ces matières premières, cherche à réduire son exposition à la Chine. En 2010, Pékin avait suspendu ses exportations de terres rares vers le Japon à la suite d’un incident diplomatique, mettant en évidence les risques de cette dépendance.
En Afrique, la stratégie japonaise se traduit par une présence dans plusieurs pays et sur différents types de ressources. En dehors de l’Afrique du Sud où il possède aussi des intérêts dans le projet de platine Waterberg, l’archipel est impliqué entre autres dans le nickel à Madagascar, et dans les terres rares en Namibie.
Pour les pays africains, cet intérêt croissant offre de nouvelles sources de financement pour des projets miniers souvent coûteux à développer. L’enjeu est de tirer parti de la concurrence entre investisseurs pour améliorer les retombées économiques locales.