Après un début d’année marqué par un recul global du marché, l’électrique apparaît comme l’un des rares moteurs de croissance. Sa montée en puissance repose autant sur la contrainte réglementaire que sur l’évolution de l’offre. Les constructeurs européens accélèrent les lancements, élargissant progressivement leur gamme vers des segments plus accessibles, ce qui permet d’élargir la base de clientèle au-delà des premiers adopteurs.
L’Allemagne et la France tirent la dynamique
Pour autant, cette progression reste inégale selon les pays. Les marchés d’Europe du Nord et certains grands pays comme l’Allemagne ou la France continuent de tirer la dynamique, soutenus par des politiques d’incitation et un réseau de recharge plus développé. À l’inverse, une partie du sud et de l’est du continent peine encore à suivre, freinée par des contraintes économiques et des infrastructures moins matures. Cette fracture territoriale continue de peser sur la capacité du véhicule électrique à s’imposer à grande échelle.
Dans le même temps, le segment devient le cœur de la bataille concurrentielle. Le mois de février illustre bien cette recomposition en cours, avec le retour à la croissance de Tesla, après une longue période plus compliquée, tandis que BYD poursuit son offensive sur le marché européen. Cette pression accrue, notamment venue des constructeurs chinois, contribue à tirer les prix vers le bas, mais fragilise aussi les équilibres économiques des acteurs historiques.
Une part de marché proche des 20% : le plafond de verre
Car derrière la progression des volumes, les défis restent nombreux. Le coût de production des véhicules électriques demeure élevé, en grande partie en raison du poids des batteries, et les marges restent sous tension dans un contexte de guerre des prix. Côté clients, le différentiel de prix avec les modèles thermiques, les interrogations sur la valeur résiduelle et la dépendance aux aides publiques continuent de freiner une adoption plus rapide.
Dans ce contexte, l’année 2026 apparaît comme un moment charnière. Le véhicule électrique n’est plus une niche, mais il n’a pas encore atteint un point de bascule. Sa part de marché, désormais proche des 20 %, marque une étape symbolique, sans garantir pour autant une généralisation rapide.