Ozoro (© 2026 Afriquinfos)- Au Nigeria, une affaire fait grand bruit dans l’État du Delta et a pris des proportions nationales des suites d’un festival dédié à la fertilité qui aurait tourné au cauchemar pour de nombreuses femmes. Des scènes d’agressions sexuelles ont été filmées en lien avec ces festivités et sont devenues virales sur les réseaux sociaux.  Une enquête a été ouverte et une quinzaine de personnes ont été interpellées. Des nombreuses voix se sont élevées pour réclamer justice.

Tout part de vidéos, filmées lors du festival de fertilité Alue-Do dans la ville d’Ozoro, située dans l’État du Delta, dans le Sud du Nigeria, montrant des groupes de jeunes hommes poursuivant, déshabillant, attouchant et agressant des femmes dans des lieux publics, parfois sous l’œil des caméras. Très vite des réactions indignées ont inondé les réseaux sociaux accompagnées de l’hashtag #StopRapingWomen. L’affaire est vite remontée aux premières autorités du pays dont la Première Dame Oluremi Tinubi qui a réagi dans un communiqué dénonçant les violences sexistes : « aucune tradition ni coutume ne confère à aucun homme le droit de violer la dignité ou la liberté d’une femme ou d’une fille » a-t-elle martelé.

Cette levée de bouclier a conduit à l’ouverture d’une enquête et à l’arrestation de quinze personnes soupçonnées d’être les auteurs de ces agressions.  Le porte-parole de la police a indiqué que plusieurs suspects identifiés sur les vidéos avaient été arrêtés et transférés au Département d’enquêtes criminelles (CID) de l’État.

Selon les autorités traditionnelles de la ville d’Ozoro, le festival Alue-Do, est destiné à faire des prières pour que les participantes tombent enceintes. Certaines périodes du festival, sont interdites, aux femmes célibataires. Durant les festivités, ces dernières devraient rester dans les maisons.  C’est cette interdiction, que des individus décrits comme des « voyous » par les chefs locaux, ont pris comme prétexte pour harceler et agresser des femmes.

Ces autorités coutumières réfutent néanmoins les informations relayées qui assimile le festival Alue-Do d’Ozoro à un « festival du viol » et soutiennent qu’aucun acte de viol n’a été perpétré. La police pour sa part indique que l’enquête se poursuit.

Boniface T.