Après avoir racheté en 2025 la mine d’or Akyem au Ghana pour environ 1 milliard USD (environ 862,2 millions d’euros), le groupe chinois Zijin cherche désormais à en accroître rapidement la production. L’objectif affiché est de transformer cet actif en un pilier d’un portefeuille international qui comprend également des projets en Amérique du Sud, en Asie et en Océanie.
Dans un rapport publié le 22 mars, la société indique viser en 2026 une production de 8,5 tonnes d’or pour la mine ghanéenne, contre 5,1 tonnes l’année précédente. Si cet objectif est atteint, le site représenterait plus de 14 % de la production totale d’or du groupe, contre environ 10 % en 2025.
Pour y parvenir, Zijin a engagé plusieurs travaux. Le groupe prévoit de moderniser les infrastructures, d’étendre les capacités d’extraction et d’augmenter la capacité de traitement de l’usine à plus de 13 millions de tonnes de minerai par an, contre environ 8 millions actuellement. À terme, ces évolutions doivent permettre à la mine d’atteindre une production annuelle d’environ 13 tonnes.
Un portefeuille africain qui s’élargit
La montée en puissance de la mine Akyem survient alors que Zijin renforce progressivement sa présence dans l’or ouest-africain. Depuis cette acquisition, finalisée en avril 2025, le groupe a multiplié les initiatives dans la région, en mêlant acquisition d’actifs existants et prise de participations dans des projets en développement.
En janvier dernier, il a ainsi annoncé un accord en vue de racheter pour environ 3,4 milliards d’euros la société canadienne Allied Gold, qui possède plusieurs mines au Mali et en Côte d’Ivoire. Au Mali, elle s’est hissée en 2025 à la deuxième place des plus grands producteurs du métal jaune, avec 9,58 tonnes grâce à ses mines de Korali-Sud et Sadiola, alors qu’en Côte d’Ivoire, elle opère les mines d’Agbaou et Bonikro, d’une capacité de production cumulée d’environ 6 tonnes.
Avant ces développements, Zijin avait déjà pris une participation de 9,9 % dans la société canadienne Montage Gold qui pilote le projet Koné en Côte d’Ivoire, appelé à devenir l’une des principales mines du pays d’ici 2027.
Un marché de l’or porteur
Pour Zijin, cette stratégie d’expansion s’inscrit dans un environnement de marché favorable. Dans son rapport, le groupe met en avant un contexte marqué par des incertitudes économiques persistantes, des tensions géopolitiques et une volatilité accrue des marchés financiers. Selon lui, ces facteurs renforcent le rôle du métal comme actif de diversification et de valeur refuge. La demande ne repose plus uniquement sur des réflexes ponctuels de protection, mais s’inscrit davantage dans une logique de long terme, portée par les banques centrales et les investisseurs institutionnels.
Pendant ce temps, apprend-on, l’offre mondiale progresse plus lentement. Malgré des investissements en hausse, la production minière reste contrainte par des coûts de développement élevés, des délais longs entre exploration et mise en production, ainsi que des exigences environnementales plus strictes.
Dans un tel contexte, l’augmentation de ses capacités de production apparaît comme un important levier de croissance. Pour le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, la hausse des volumes issus de sites industriels comme celui de Zijin vient à point nommé. Le pays vise une production de 202 tonnes d’or en 2026, contre 186 tonnes en 2025.
Parallèlement, les autorités préparent une réforme du régime des redevances minières, avec l’introduction d’un barème progressif indexé sur le prix de l’or, afin de capter une part plus importante des revenus du secteur.